Il existe des relations internationales que l’on peut rompre. Celle qui unit le Maroc et l’Espagne n’en fait probablement pas partie.
Quatorze kilomètres séparent les deux rives du détroit de Gibraltar. Cette faible distance concentre pourtant une densité exceptionnelle d’intérêts stratégiques. Marchandises, capitaux, touristes, travailleurs, flux énergétiques et chaînes industrielles traversent quotidiennement cet espace. Le Maroc est devenu le premier partenaire commercial de l’Espagne en Afrique ; l’Espagne est depuis 2012 le premier partenaire commercial du Maroc. Les deux pays coopèrent sur la migration, le terrorisme, le narcotrafic, l’énergie, les infrastructures et désormais sur l’organisation de la Coupe du monde 2030.
Cette interdépendance est connue. Ce qui change en 2026 est autre chose : l’architecture politique construite pour empêcher les contentieux historiques de contaminer cette interdépendance commence à montrer ses limites.
Le paradoxe est saisissant. En décembre 2025 encore, Madrid et Rabat parlaient du meilleur moment de leur relation contemporaine. Quelques mois plus tard, l’Algérie revient au premier plan de la diplomatie espagnole, le dossier sahraoui progresse au Parlement de Madrid, Ceuta connaît une crise migratoire majeure, le Maroc réaffirme ses revendications sur Ceuta et Melilla, tandis que l’Espagne prépare une visite de Felipe VI dans les deux villes.
Rien de tout cela ne constitue encore une rupture. Mais pris ensemble, ces événements montrent que la grande normalisation engagée en 2022 a peut-être atteint sa frontière politique.
Une relation organisée pour survivre à ses propres contradictions
L’histoire contemporaine des relations hispano-marocaines est moins celle d’une réconciliation que celle d’une institutionnalisation progressive du désaccord.
Le Maroc accède à l’indépendance en 1956. L’Espagne conserve Ceuta et Melilla, que Madrid considère comme parties intégrantes de son territoire et que Rabat revendique. En 1975, l’Espagne quitte le Sahara occidental, ancienne colonie dont le statut demeure au cœur de la rivalité entre le Maroc et le Front Polisario, soutenu par l’Algérie.
À cette géographie conflictuelle s’ajoute progressivement une interdépendance économique, humaine et sécuritaire de plus en plus difficile à défaire.
En 1991, les deux royaumes tentent de donner une architecture à cette contradiction. Le Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé à Rabat prévoit des réunions régulières au plus haut niveau, affirme le respect de l’intégrité territoriale et organise la coopération économique, militaire, culturelle, juridique et sécuritaire. Le texte envisage même une coopération sur un futur lien fixe à travers le détroit de Gibraltar.
L’ambition est claire : transformer une proximité historiquement conflictuelle en système institutionnel.
Elle ne supprime pourtant pas les crises.
En juillet 2002, des militaires marocains s’installent sur l’îlot Perejil, inhabité, situé à quelques centaines de mètres des côtes marocaines. L’Espagne déploie ses forces et reprend l’îlot. L’épisode est bref, presque minuscule géographiquement, mais considérable politiquement : deux États liés depuis onze ans par un traité de bon voisinage viennent de se retrouver dans une confrontation militaire autour de quelques hectares de roche.
En novembre 2007, une autre ligne rouge apparaît lorsque le roi Juan Carlos et la reine Sofía se rendent à Ceuta et Melilla. Rabat rappelle alors son ambassadeur en consultation. Près de vingt ans plus tard, ce précédent redevient directement pertinent.
La leçon de ces crises successives est simple : la coopération n’a jamais supprimé les contentieux de souveraineté. Elle a seulement augmenté le coût de leur activation.
2021 : la démonstration
La crise de mai 2021 fournit l’exemple le plus spectaculaire de cette vulnérabilité.
L’Espagne accueille discrètement Brahim Ghali, chef du Front Polisario, afin qu’il soit soigné du Covid-19. Rabat considère cette décision comme une atteinte directe à ses intérêts fondamentaux au Sahara occidental.
Quelques semaines plus tard, environ 8 000 personnes entrent à Ceuta en deux jours alors que les contrôles marocains à la frontière se relâchent. Madrid accuse implicitement Rabat d’utiliser la pression migratoire. Le Maroc répond que le véritable problème est politique : l’Espagne ne peut, selon lui, coopérer avec Rabat tout en prenant des décisions touchant à ce que le royaume considère comme son intégrité territoriale.
La crise révèle une caractéristique essentielle de la relation : les dossiers sont officiellement séparés, mais ils peuvent devenir communicants extrêmement rapidement.
Sahara, migration, frontières, coopération sécuritaire et diplomatie ne constituent pas nécessairement un marchandage permanent. Ils forment cependant un système dans lequel une rupture de confiance sur un dossier peut modifier l’équilibre des autres.
Pedro Sánchez choisit alors une réponse qui va transformer la relation.
2022 : le grand basculement espagnol
Le 18 mars 2022, le palais royal marocain rend publique une lettre de Pedro Sánchez dans laquelle l’Espagne considère l’initiative marocaine d’autonomie pour le Sahara occidental, présentée en 2007, comme « la base la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le différend.
Pour Madrid, le changement est considérable.
L’Espagne ne reconnaît pas formellement la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental et continue de placer la solution dans le cadre des Nations unies. Mais elle abandonne l’équilibre traditionnel qui avait caractérisé sa position pour se rapprocher très nettement de Rabat.
Le 7 avril, Sánchez rencontre Mohammed VI à Rabat. Une nouvelle feuille de route est adoptée. Elle repose sur la confiance, la consultation permanente et l’engagement d’éviter les actes unilatéraux et les faits accomplis. La circulation maritime est rétablie, les mécanismes migratoires relancés, les discussions sur les espaces maritimes réactivées et la normalisation des échanges aux frontières de Ceuta et Melilla inscrite à l’agenda.
Le prix géopolitique apparaît immédiatement.
L’Algérie, principal soutien du Front Polisario et fournisseur énergétique majeur de l’Espagne, rappelle son ambassadeur puis suspend en juin 2022 son traité d’amitié avec Madrid. L’Espagne vient en pratique de résoudre une crise maghrébine en en ouvrant une autre.
Le choix peut néanmoins se défendre par ses résultats immédiats. La coopération avec Rabat reprend. Les échanges commerciaux accélèrent. La pression migratoire peut de nouveau être gérée conjointement. Les relations politiques atteignent progressivement un niveau rarement observé auparavant.
Le mécanisme paraît fonctionner.
L’apogée
Le 4 décembre 2025 constitue probablement le sommet de cette séquence.
Pedro Sánchez et Aziz Akhannouch président à Madrid la XIIIe Réunion de haut niveau entre les deux pays. Quatorze accords de coopération sont signés. Les gouvernements parlent explicitement d’un moment historique et réaffirment la feuille de route de 2022.
Les chiffres donnent du poids au discours diplomatique.
En 2024, les échanges bilatéraux de marchandises atteignent environ 22,7 milliards d’euros, un record, en hausse de plus de 7 %. Les exportations espagnoles vers le Maroc s’élèvent à 12,859 milliards d’euros et les importations à 9,834 milliards. Plus de 6 000 entreprises espagnoles exportent régulièrement vers le marché marocain et plus de 900 y disposent de filiales ou de participations significatives.
L’interdépendance humaine progresse parallèlement. Fin 2025, le gouvernement espagnol souligne que la communauté marocaine est la première communauté étrangère du pays et qu’environ 335 000 ressortissants marocains cotisent à la Sécurité sociale espagnole.
À cette densité s’ajoute désormais un horizon commun : Espagne, Maroc et Portugal organiseront ensemble la Coupe du monde de football 2030. Madrid soutient parallèlement la participation de ses entreprises aux grands projets marocains d’infrastructure ; l’Espagne avait notamment approuvé plus de 750 millions d’euros de financement pour un projet ferroviaire au Maroc.
Même une question chargée symboliquement avance : en janvier 2025, le passage commercial de marchandises reprend à Melilla après des années d’interruption.
À la fin de 2025, la logique semble donc avoir changé de nature. Il ne s’agit plus seulement de gérer un voisin difficile. Les deux économies commencent à fonctionner comme deux composantes d’un même espace productif entre Europe et Afrique.
Et pourtant, sous cette intégration croissante, les anciennes questions n’ont pas disparu.
Le Sahara n’a jamais quitté la pièce
Le premier rappel vient moins de Madrid ou de Rabat que du droit européen.
Le 4 octobre 2024, la Cour de justice de l’Union européenne confirme l’annulation d’accords commerciaux entre l’Union européenne et le Maroc dans la mesure où leur application au Sahara occidental n’avait pas obtenu le consentement du peuple du territoire.
Le jugement illustre une contradiction que la diplomatie bilatérale ne peut résoudre seule. Madrid peut se rapprocher politiquement de la position marocaine ; elle reste membre d’une Union européenne dont le droit distingue juridiquement le Maroc du Sahara occidental.
En Espagne même, le passé colonial produit une seconde contradiction.
Une proposition de loi déposée au Congrès vise à faciliter l’accès à la nationalité espagnole des Sahraouis nés lorsque le territoire était administré par l’Espagne. Le texte n’est pas né de la crise de 2026 : son origine parlementaire lui est antérieure. C’est précisément ce qui le rend intéressant.
Le 23 juillet 2026, la Commission de la justice l’approuve. En août, le Congrès publie le texte destiné à poursuivre son parcours vers la séance plénière.
L’Espagne se retrouve ainsi dans une position singulière : son gouvernement considère le plan d’autonomie marocain comme la base la plus crédible d’un règlement, tandis que son Parlement examine les conséquences juridiques de la responsabilité historique espagnole envers les habitants de l’ancienne colonie.
Les deux démarches ne sont pas juridiquement incompatibles. Politiquement, leur coexistence est beaucoup plus inconfortable.
Le retour d’Alger
Une autre évolution est peut-être encore plus importante.
Après la rupture provoquée par le changement espagnol de 2022, Madrid entreprend progressivement de reconstruire sa relation avec l’Algérie.
Le mouvement s’accélère en 2026.
Le 26 mars, José Manuel Albares se rend à Alger. L’Algérie avait été, l’année précédente, le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne pour la troisième année consécutive. Le dialogue politique reprend et le traité d’amitié suspendu pendant la crise est réactivé.
Puis, le 20 juillet 2026, Pedro Sánchez se rend lui-même à Alger et rencontre Abdelmadjid Tebboune. Il qualifie l’Algérie de partenaire stratégique et de pays ami. Les deux gouvernements annoncent une nouvelle Réunion de haut niveau pour l’automne et veulent renforcer leur coopération dans l’énergie, la sécurité, la lutte contre le terrorisme et la migration.
L’Algérie est alors le premier fournisseur de gaz naturel de l’Espagne depuis le début de 2026.
Il serait excessif d’interpréter ce rapprochement comme un retournement espagnol contre le Maroc. Madrid ne retire pas son soutien au plan marocain d’autonomie. Elle fait quelque chose de plus classique : elle reconstitue une politique maghrébine à deux jambes.
Pour l’Espagne, c’est rationnel. Pour Rabat, l’évolution ne peut être indifférente. Le principal partenaire européen du Maroc normalise de nouveau ses relations avec son principal rival régional.
Et la chronologie devient remarquable.
Sánchez est à Alger le 20 juillet. Trois jours plus tard, la proposition sur la nationalité des Sahraouis franchit une étape parlementaire importante.
Une semaine plus tard, Ceuta bascule.
Ceuta, encore
Les 30 et 31 juillet 2026, plus de 70 000 personnes franchissent la frontière de Ceuta depuis le Maroc dans un mouvement d’une ampleur exceptionnelle.
L’épisode provoque une catastrophe humaine et une crise politique majeure en Espagne.
La question la plus sensible reste cependant irrésolue : que s’est-il exactement passé du côté marocain ?
Pedro Sánchez affirme qu’il n’existe pas de preuve permettant d’établir que le gouvernement marocain ait conçu ou ordonné l’opération. Il reconnaît néanmoins que les forces marocaines ont laissé les franchissements se produire pendant une période critique d’environ dix heures. Rabat nie avoir organisé le mouvement et invoque notamment les réseaux de passeurs, les réseaux sociaux et des informations erronées.
Des éléments recueillis par la police espagnole et transmis à la justice décrivent cependant une passivité inhabituelle des forces marocaines et soulèvent des questions sur certains comportements observés à la frontière.
À ce stade, établir une responsabilité politique de Rabat irait au-delà des faits disponibles.
Mais l’incertitude elle-même produit désormais des effets stratégiques.
La confiance, qui constituait précisément le premier capital de la feuille de route de 2022, est atteinte.
Et la société espagnole a déjà tiré ses propres conclusions : dans un sondage 40dB publié le 7 septembre, près de neuf Espagnols sur dix interrogés attribuent au Maroc une responsabilité dans la crise. Une majorité juge également négativement la gestion de Pedro Sánchez.
La politique marocaine du gouvernement espagnol, longtemps domaine réservé de la diplomatie, devient ainsi un enjeu de politique intérieure.
C’est un changement considérable.
Ceuta et Melilla ressortent du tiroir
La crise produit ensuite exactement ce que la normalisation de 2022 cherchait à éviter : le retour explicite des questions de souveraineté.
En août, le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, réaffirme publiquement la revendication marocaine sur Ceuta et Melilla et évoque un règlement futur par le dialogue.
Madrid répond immédiatement. La ministre espagnole de la Défense, Margarita Robles, insiste sur le caractère espagnol des deux villes ; le ministère des Affaires étrangères réaffirme que l’intégrité territoriale du pays n’est pas négociable.
Le problème n’est pas que la revendication marocaine soit nouvelle. Elle existe depuis l’indépendance. Le changement tient à son retour public dans une relation que les deux gouvernements avaient soigneusement organisée pour ne pas avoir à l’affronter.
Puis Madrid élève encore le niveau symbolique.
Le gouvernement et la Casa Real préparent une visite de Felipe VI à Ceuta et Melilla. Ce serait la première du souverain depuis son accession au trône en 2014.
Le précédent est lourd : lorsque Juan Carlos s’était rendu dans les deux villes en 2007, le Maroc avait rappelé son ambassadeur.
Personne ne sait encore quelle sera cette fois la réaction de Rabat. Mais la simple perspective de la visite montre à quel point le centre de gravité politique espagnol a changé depuis juillet.
Un gouvernement qui avait consacré une part importante de son capital diplomatique à protéger sa relation avec le Maroc doit désormais démontrer à son opinion publique qu’il ne transige pas sur la souveraineté espagnole.
Le problème Sánchez
C’est peut-être ici que la crise actuelle se distingue le plus de celles qui l’ont précédée.
En 2022, Pedro Sánchez pouvait accepter un coût politique intérieur élevé pour rétablir la relation avec Rabat. Son changement de position sur le Sahara avait suscité l’opposition d’une partie de sa coalition, du Parlement et de l’opinion, mais le gouvernement pouvait défendre les résultats obtenus : stabilité frontalière, coopération migratoire, échanges économiques et normalisation diplomatique.
En 2026, cette équation devient beaucoup plus difficile.
Si Sánchez protège excessivement Rabat après Ceuta, l’opposition peut l’accuser d’avoir échangé une concession historique sur le Sahara contre une stabilité frontalière que le Maroc ne serait finalement pas capable — ou, selon ses adversaires, pas toujours désireux — de garantir.
S’il durcit sa position envers Rabat, il fragilise précisément la coopération migratoire et sécuritaire qu’il avait cherché à reconstruire.
Et s’il approfondit simultanément la relation avec Alger, accompagne une visite royale à Ceuta et Melilla et laisse progresser le dossier parlementaire sahraoui, Rabat peut considérer que l’esprit politique de 2022 se dilue progressivement, même si sa lettre demeure intacte.
Madrid se retrouve donc devant une équation familière : comment entretenir une relation privilégiée avec le Maroc sans laisser cette relation devenir une dépendance politique ?
Rabat rencontre l’équation inverse : comment transformer son importance stratégique pour l’Espagne en influence durable sans provoquer précisément les réactions espagnoles qui réduiraient cette influence ?
L’interdépendance comme frein
Il serait pourtant prématuré d’annoncer la fin du rapprochement.
Les structures profondes poussent dans la direction opposée.
Plus de 22 milliards d’euros d’échanges commerciaux annuels ne disparaissent pas avec une crise diplomatique. Les milliers d’entreprises engagées de part et d’autre du détroit ont besoin de stabilité. L’Espagne reste une porte essentielle entre le Maroc et le marché européen. Le Maroc reste indispensable à la politique migratoire et sécuritaire espagnole sur la façade sud.
Les infrastructures renforcent encore cette interdépendance. Les ports d’Algésiras et de Tanger Med fonctionnent à la fois comme concurrents et comme nœuds d’une même économie du détroit. Les chaînes automobiles, textiles, agroalimentaires et logistiques traversent la frontière maritime dans les deux sens. Les interconnexions électriques relient déjà les deux pays.
Et puis il y a 2030.
Dans quatre ans, le Maroc, l’Espagne et le Portugal doivent accueillir ensemble la Coupe du monde. Pour Rabat comme pour Madrid, l’événement dépasse le football : infrastructures, transports, tourisme, investissements et image internationale en font un projet géoéconomique commun.
Une véritable rupture diplomatique aurait donc un coût que ni l’un ni l’autre n’a intérêt à payer.
C’est précisément ce qui rend la relation plus complexe qu’une simple crise.
Les limites du rapprochement
L’Espagne et le Maroc ne reviennent pas à 2021.
Leur relation économique est plus dense. Les mécanismes de coopération sont plus nombreux. Les gouvernements disposent de canaux de communication plus solides. Le Mondial 2030 crée un horizon commun. Et Madrid n’a pas renié le tournant stratégique de 2022 sur le Sahara.
Mais quelque chose s’est néanmoins déplacé.
La normalisation de 2022 reposait sur l’idée qu’une relation suffisamment dense et suffisamment prévisible permettrait de contenir les questions historiques les plus dangereuses. Quatre ans plus tard, ce sont précisément ces questions qui réapparaissent : Sahara, Algérie, Ceuta, Melilla, migration, souveraineté et mémoire coloniale.
Elles ne reviennent pas séparément. Elles se répondent.
C’est là que se situe probablement la véritable limite du rapprochement hispano-marocain. L’économie peut réduire le prix du conflit. La coopération peut rendre les crises moins fréquentes. La diplomatie peut organiser le silence autour de certains désaccords. Mais aucune de ces choses ne fait disparaître la géographie ni l’histoire.
Depuis 1991, Madrid et Rabat ont appris à gérer cette réalité mieux qu’auparavant. Depuis 2022, ils avaient même commencé à croire qu’ils pouvaient la dépasser.
L’année 2026 rappelle une distinction plus inconfortable : une relation peut devenir indispensable sans devenir apaisée.
Et c’est peut-être désormais cela, beaucoup plus que la crise de Ceuta elle-même, que Madrid et Rabat doivent apprendre à gérer.
Sources principales
Gouvernement espagnol — Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération entre l’Espagne et le Maroc, 4 juillet 1991 ; documents officiels relatifs aux relations bilatérales ; XIIIe Réunion de haut niveau Espagne–Maroc, 4 décembre 2025 ; déplacement de Pedro Sánchez en Algérie, 20 juillet 2026.
Ministère marocain des Affaires étrangères — Déclaration conjointe Maroc–Espagne et feuille de route du 7 avril 2022.
Ministère espagnol des Affaires étrangères — relations bilatérales avec le Maroc ; coopération économique et sécuritaire ; déplacement de José Manuel Albares en Algérie, mars 2026.
Ministère espagnol de l’Économie, du Commerce et des Entreprises — données relatives aux échanges commerciaux Maroc–Espagne et à la coopération économique bilatérale.
Congreso de los Diputados — proposition de loi relative à l’octroi de la nationalité espagnole aux Sahraouis nés sous administration espagnole ; travaux de la Commission de la justice, juillet-août 2026.
Cour de justice de l’Union européenne — arrêts du 4 octobre 2024 relatifs aux accords UE–Maroc et au Sahara occidental.
Reuters, EFE, Associated Press — crise de Ceuta de juillet 2026, réactions politiques espagnoles et marocaines, évolution de l’opinion publique espagnole et préparation d’une visite de Felipe VI à Ceuta et Melilla.
Bureau de recherche Atlas Limits
Bureau éditorial et analytique d’Atlas Limits.


