À Rabat, la formation d’un nouveau gouvernement ne se résume jamais à une redistribution des portefeuilles ministériels. Elle intervient dans un système institutionnel où les grandes orientations stratégiques s'inscrivent dans la continuité de l'État, tandis que les majorités parlementaires se succèdent avec la responsabilité de traduire ces orientations en politiques publiques. En octobre 2026, cette articulation prend une importance particulière. Le Maroc aborde une période où les investissements industriels, les infrastructures et les ambitions internationales doivent désormais produire des résultats plus visibles dans l'emploi, les revenus et la qualité des services publics.

L'arrivée de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête de l'exécutif, dans la configuration gouvernementale annoncée le 16 octobre, constitue une évolution politique et symbolique majeure. Mais la portée de cette transition dépasse la personnalité de la nouvelle cheffe du gouvernement. Elle tient à la nature de la coalition qui l'accompagne, aux équilibres institutionnels qu'elle doit respecter et aux contraintes économiques qui réduisent les possibilités d'action immédiate.

Le pays ne manque ni de projets ni d'ambitions. Il dispose d'une base industrielle en développement, d'infrastructures logistiques importantes, d'une insertion croissante dans les chaînes de valeur internationales et d'une stratégie énergétique qui cherche à réduire sa dépendance extérieure. Pourtant, ces transformations coexistent avec des difficultés persistantes : chômage des jeunes, disparités territoriales, tensions sur les ressources hydriques et attentes sociales concernant l'éducation, la santé et le logement.

La question qui attend le nouvel exécutif n'est donc pas seulement celle de la poursuite des grands chantiers. Elle consiste à déterminer comment les capacités économiques accumulées peuvent se traduire en une amélioration plus largement partagée des conditions de vie.

Une majorité composite dans un système de continuité

La coalition réunissant le Parti authenticité et modernité, l'Istiqlal, l'Union socialiste des forces populaires et le Parti du progrès et du socialisme associe quatre formations aux trajectoires historiques et aux références politiques différentes. Le PAM, qui occupe la première place dans cette majorité, s'est construit autour d'une approche de modernisation institutionnelle et territoriale. L'Istiqlal conserve un ancrage nationaliste et une longue expérience gouvernementale. L'USFP et le PPS apportent des traditions issues de la gauche marocaine, marquées notamment par les questions sociales, les services publics et la redistribution.

Leur rapprochement répond d'abord à une nécessité parlementaire. Avec 207 sièges sur les 395 que compte la Chambre des représentants, la coalition dispose d'une majorité absolue, mais relativement étroite. Cette configuration lui permet de gouverner, sans lui garantir pour autant une cohésion automatique sur les arbitrages les plus sensibles.

La diversité de ses composantes pourrait se manifester dans les discussions sur les dépenses publiques, la fiscalité, les réformes sociales et les relations entre l'État et le secteur privé. Les traditions partisanes ne déterminent pas mécaniquement les positions gouvernementales, mais elles constituent des références auxquelles les responsables politiques devront répondre devant leurs électorats respectifs.

Cette coalition doit également composer avec une caractéristique fondamentale du système marocain : la continuité des grandes politiques de l'État au-delà des alternances gouvernementales. La monarchie conserve des prérogatives constitutionnelles déterminantes, notamment dans les domaines stratégiques, diplomatiques et sécuritaires. Le gouvernement intervient principalement dans la préparation et l'exécution des politiques publiques, la gestion administrative, les arbitrages budgétaires et la mise en œuvre des réformes.

La distinction est essentielle pour comprendre les possibilités et les limites de la nouvelle majorité. Sa réussite ne dépendra pas uniquement des orientations qu'elle annoncera, mais aussi de sa capacité à coordonner les ministères, les établissements publics, les collectivités territoriales et les opérateurs économiques.

Une recomposition ministérielle entre stabilité et redistribution des responsabilités

La composition annoncée du gouvernement traduit cette double logique. Le maintien de responsables expérimentés dans plusieurs départements stratégiques privilégie la continuité administrative et diplomatique. Abdelouafi Laftit conserve l'Intérieur, Nasser Bourita les Affaires étrangères et Abdellatif Ouahbi la Justice. Nizar Baraka demeure à l'Équipement et à l'Eau, tandis que Ryad Mezzour poursuit son action à l'Industrie.

Ces reconductions limitent les ruptures dans des politiques engagées depuis plusieurs années. Elles permettent également de préserver les relations établies entre les administrations, les entreprises publiques, les partenaires internationaux et les investisseurs.

En parallèle, la redistribution de certains portefeuilles fait apparaître de nouvelles priorités organisationnelles. L'attribution à Fouzi Lekjaa d'un ministère associant l'Économie, les Finances et la Performance publique place la gestion budgétaire et l'évaluation de l'action administrative au centre des interrogations. Son expérience des finances publiques et de la gestion de grands projets pourrait faciliter la coordination entre les dépenses d'investissement, les engagements sociaux et les contraintes de financement.

Mais la réunion de compétences au sein d'un même département ne garantit pas, à elle seule, une meilleure efficacité. La performance publique dépend de la qualité des données, de la transparence des objectifs, de la responsabilité des gestionnaires et de la capacité à corriger les programmes qui ne produisent pas les résultats attendus.

Le retour de Nabil Benabdallah à l'Éducation nationale replace quant à lui la question scolaire dans un cadre explicitement politique. Les difficultés de l'enseignement marocain ne peuvent être réduites aux seuls moyens budgétaires. Elles concernent également les apprentissages fondamentaux, la formation des enseignants, les inégalités entre établissements et l'articulation entre les qualifications et les besoins de l'économie.

La création d'un portefeuille consacré à l'intelligence artificielle, à la transformation numérique et à la réforme administrative souligne enfin l'importance accordée à la modernisation de l'État. Le numérique peut réduire les délais, améliorer l'accès aux services et faciliter les procédures économiques. Ses bénéfices resteront toutefois limités si les administrations conservent des organisations fragmentées, des systèmes incompatibles ou des procédures inutilement complexes.

L'emploi, principal point de rencontre entre économie et société

Le Maroc a considérablement développé ses capacités productives au cours des deux dernières décennies. L'automobile, l'aéronautique, les phosphates, les industries agroalimentaires et les activités logistiques ont contribué à diversifier une économie longtemps dépendante de l'agriculture, du tourisme et des transferts des Marocains résidant à l'étranger.

Cette transformation a permis au pays d'intégrer plusieurs chaînes industrielles internationales. Le complexe portuaire Tanger Med, les implantations automobiles de Tanger et de Kénitra et les investissements dans les infrastructures énergétiques constituent les éléments les plus visibles de cette évolution.

Pourtant, l'expansion des capacités industrielles ne résout pas automatiquement la question de l'emploi. Les secteurs exportateurs peuvent générer une forte valeur ajoutée tout en mobilisant une main-d'œuvre relativement limitée. Certaines activités nécessitent des qualifications spécialisées que le système de formation ne produit pas toujours en quantité suffisante. À l'inverse, de nombreux diplômés rencontrent des difficultés à accéder à des emplois correspondant à leurs études.

Le problème est également territorial. Les régions bénéficiant des grandes infrastructures et des implantations industrielles concentrent une part importante des opportunités, tandis que d'autres territoires restent davantage dépendants des activités agricoles, des services de proximité et de l'emploi public.

Le nouvel exécutif devra donc agir sur plusieurs dimensions simultanément : la formation professionnelle, les conditions de développement des petites et moyennes entreprises, l'intégration des fournisseurs locaux aux chaînes industrielles et la mobilité entre les bassins d'emploi.

L'enjeu est de dépasser une lecture de la politique industrielle fondée principalement sur les montants investis et les capacités installées. Le développement économique se mesure également à la diffusion des revenus, à la création d'entreprises nationales capables de croître et à l'augmentation durable de la productivité.

Cette question devient particulièrement importante dans une économie où une partie significative de l'activité demeure informelle. La formalisation ne peut progresser durablement par la seule contrainte réglementaire. Elle suppose que les entreprises et les travailleurs trouvent un avantage concret à rejoindre l'économie déclarée, notamment grâce à l'accès au financement, à la protection sociale et à des procédures administratives adaptées.

Les services publics au cœur de la légitimité gouvernementale

La santé et l'éducation occupent une place centrale dans les attentes adressées à l'État. Ces deux secteurs déterminent directement la qualité de vie, mais aussi la capacité du Maroc à soutenir son développement économique.

Dans la santé, l'extension de la protection sociale représente une transformation institutionnelle importante. Elle pose cependant une difficulté classique : l'élargissement de la couverture financière ne produit pas nécessairement une augmentation équivalente de l'offre médicale.

L'accès effectif aux soins dépend du nombre de professionnels disponibles, de leur répartition géographique, des équipements hospitaliers, de la qualité des établissements et des mécanismes de remboursement. Une population mieux couverte peut ainsi continuer à rencontrer des difficultés si les capacités du système de santé ne progressent pas au même rythme.

La réforme doit également tenir compte de la différence entre les grands centres urbains et les territoires moins densément équipés. La concentration des spécialistes, des cliniques et des infrastructures hospitalières dans certaines villes crée des écarts que les mécanismes d'assurance ne suffisent pas à corriger.

L'éducation présente une difficulté comparable. L'extension de la scolarisation constitue une condition nécessaire du développement, mais la qualité des apprentissages détermine largement les perspectives économiques des générations futures.

L'amélioration des résultats scolaires implique une continuité dans les méthodes pédagogiques, une évaluation régulière des acquis et une politique de formation des enseignants qui dépasse les changements de majorité. Elle suppose aussi de mieux articuler l'enseignement général, la formation professionnelle et l'enseignement supérieur.

Pour le nouveau gouvernement, les résultats dans ces domaines seront particulièrement importants, car ils touchent directement les ménages. Contrairement aux infrastructures industrielles, dont les bénéfices peuvent être indirects ou différés, la qualité d'une école, la disponibilité d'un médecin ou les délais d'une procédure administrative constituent des expériences quotidiennes de l'action publique.

La contrainte budgétaire et le choix des priorités

Le gouvernement prend ses fonctions dans un contexte où les besoins d'investissement demeurent considérables. Les infrastructures de transport, les programmes hydriques, les équipements hospitaliers, l'éducation, la protection sociale et la préparation de la Coupe du monde 2030 mobilisent des ressources importantes.

Ces engagements interviennent alors que l'État doit préserver la soutenabilité de ses finances publiques, maîtriser le coût de son financement et maintenir sa capacité d'intervention en cas de choc extérieur.

Le problème n'est pas nécessairement de choisir entre les grands projets et les dépenses sociales. Les infrastructures peuvent stimuler l'activité économique, améliorer la connectivité territoriale et renforcer l'attractivité du pays. Mais leurs effets dépendent de leur rentabilité économique, de leur utilisation future et de leur articulation avec les besoins de la population.

Un investissement ferroviaire, portuaire ou routier peut améliorer la compétitivité lorsqu'il réduit les coûts logistiques et facilite les échanges. Il peut également produire des bénéfices plus limités lorsque les activités économiques locales ne disposent pas des moyens nécessaires pour exploiter les nouvelles infrastructures.

La préparation de la Coupe du monde 2030 illustre cette tension. L'organisation de la compétition avec l'Espagne et le Portugal impose des exigences élevées en matière de transport, d'accueil, d'équipements sportifs et de services. Elle peut accélérer des projets utiles au développement du pays, mais soulève également la question de leur coût d'entretien et de leur usage après l'événement.

L'enjeu budgétaire consiste à distinguer les dépenses qui produisent des bénéfices économiques et sociaux durables de celles dont l'utilité pourrait diminuer après 2030.

Dans ce contexte, la performance publique ne devrait pas se limiter à la maîtrise comptable des dépenses. Elle devrait aussi permettre de mesurer leur efficacité réelle, leur répartition territoriale et leur contribution aux objectifs annoncés.

L'eau, contrainte structurelle du développement marocain

La raréfaction des ressources hydriques constitue l'une des transformations les plus profondes auxquelles le Maroc doit s'adapter. Les épisodes répétés de sécheresse, la pression sur les nappes souterraines, la croissance des besoins urbains et les exigences de l'agriculture modifient progressivement les conditions du développement économique.

Cette contrainte dépasse la gestion technique des barrages et des réseaux de distribution. Elle concerne l'organisation des territoires, les choix agricoles, les investissements industriels et les relations entre les différents utilisateurs de l'eau.

Le développement du dessalement et des transferts hydriques peut renforcer la sécurité de l'approvisionnement, notamment dans les régions littorales. Ces solutions nécessitent toutefois des investissements élevés, une consommation énergétique importante et une gestion attentive de leurs conséquences environnementales.

La question agricole demeure particulièrement sensible. L'agriculture occupe une place importante dans l'emploi rural et dans l'équilibre économique de nombreux territoires. Elle dépend néanmoins d'une ressource dont la disponibilité devient moins prévisible.

La modernisation de l'irrigation, l'adaptation des cultures et l'amélioration de la productivité hydrique peuvent contribuer à réduire cette vulnérabilité. Mais elles supposent des arbitrages entre les objectifs d'exportation, la sécurité alimentaire, les revenus agricoles et la préservation des ressources.

Le maintien de Nizar Baraka à l'Équipement et à l'Eau inscrit ce dossier dans une continuité administrative. La difficulté sera d'articuler les grandes infrastructures hydriques avec une gestion de la demande suffisamment efficace pour limiter l'aggravation des déséquilibres.

Une économie ouverte dans un environnement international incertain

La nouvelle équipe gouvernementale devra également composer avec un environnement extérieur qui influence directement les perspectives marocaines.

L'Union européenne demeure un partenaire commercial et industriel central. Les transformations de l'industrie automobile européenne, les exigences environnementales, les politiques commerciales et l'évolution des chaînes d'approvisionnement auront des conséquences sur les entreprises implantées au Maroc.

La transition vers les véhicules électriques ouvre des perspectives pour les batteries, les composants et les industries liées aux matériaux stratégiques. Elle exige cependant des investissements technologiques importants et une adaptation rapide des compétences.

Le Maroc cherche parallèlement à diversifier ses relations économiques avec les États-Unis, la Chine, les pays du Golfe et les économies africaines. Cette diversification peut réduire certaines dépendances, sans supprimer l'exposition du pays aux fluctuations des marchés internationaux.

Les prix de l'énergie, les conditions de financement, les tensions commerciales et la demande extérieure continueront de peser sur les équilibres macroéconomiques.

Sur le plan diplomatique, la question du Sahara demeure un dossier central de la politique étrangère marocaine. Elle s'inscrit dans une stratégie conduite au plus haut niveau de l'État, dont le gouvernement assure certaines dimensions économiques, administratives et internationales.

Le développement des provinces du Sud, les infrastructures atlantiques et les projets de connectivité africaine illustrent la manière dont les priorités diplomatiques et les politiques d'investissement peuvent se rejoindre.

La stabilité de la conduite diplomatique ne signifie toutefois pas l'absence de contraintes nouvelles. Le Maroc devra continuer à gérer ses relations avec ses partenaires européens, ses voisins régionaux et les grandes puissances dans un contexte de concurrence géoéconomique accrue.

Le défi de la coordination et de l'exécution

La principale difficulté du nouveau gouvernement pourrait finalement se situer moins dans la définition des objectifs que dans leur mise en œuvre.

Le Maroc dispose de stratégies sectorielles, de programmes d'investissement et d'institutions spécialisées. Leur multiplication peut renforcer les capacités d'action, mais elle crée également des besoins importants de coordination.

Une politique industrielle dépend des infrastructures, de l'énergie, de la formation, du financement et de la réglementation. Une réforme sanitaire suppose des ressources humaines, des bâtiments, des équipements, des systèmes d'information et des mécanismes de financement cohérents. La politique de l'eau implique simultanément l'agriculture, l'urbanisme, l'industrie et l'environnement.

Aucun de ces dossiers ne peut être traité efficacement par un seul ministère.

La nouvelle coalition devra donc construire des mécanismes d'arbitrage capables de dépasser les logiques administratives et les intérêts sectoriels. Cette exigence sera d'autant plus importante que les partis représentés au gouvernement disposent de sensibilités et de priorités différentes.

La régionalisation avancée ajoute une autre dimension. Les collectivités territoriales sont appelées à jouer un rôle plus important dans le développement économique et la fourniture de certains services, mais leurs capacités financières et administratives demeurent inégales.

La décentralisation effective ne repose pas seulement sur le transfert de compétences. Elle nécessite des ressources, des personnels qualifiés et une clarification des responsabilités entre les différents niveaux de décision.

C'est dans cette organisation quotidienne de l'action publique que se jouera une part importante de la capacité du gouvernement à transformer ses engagements en résultats.

Une nouvelle étape, davantage qu'un changement de trajectoire

La formation du gouvernement El Mansouri intervient à un moment où le Maroc cherche à consolider les transformations économiques engagées depuis plusieurs décennies tout en répondant à des attentes sociales persistantes.

La présence d'une femme à la tête de l'exécutif marque une évolution historique de la représentation politique. La composition de la coalition introduit de nouveaux équilibres partisans. La réorganisation de certains ministères fait apparaître des priorités concernant la performance administrative, l'éducation et la transformation numérique.

Mais les contraintes auxquelles le pays fait face dépassent les changements de responsables. Elles résultent de transformations structurelles : évolution du marché du travail, pression sur les ressources naturelles, urbanisation, transition énergétique, concurrence industrielle et besoins croissants de services publics.

Le gouvernement devra inscrire son action dans une temporalité particulière. Les attentes sociales appellent des améliorations rapides, alors que les réformes de l'éducation, de la santé, de l'administration et de la productivité produisent souvent leurs effets sur plusieurs années.

Cette différence entre le temps politique et le temps économique constitue l'une des difficultés centrales de l'exercice gouvernemental.

Les premiers arbitrages budgétaires, la présentation du programme devant le Parlement et les modalités de coordination entre les ministères permettront de mieux comprendre la direction retenue. Les résultats devront ensuite être examinés à travers des indicateurs concrets : emploi, qualité des apprentissages, accès aux soins, efficacité des investissements et réduction des écarts territoriaux.

Le Maroc entre ainsi dans une phase où l'accumulation des infrastructures et des capacités productives doit progressivement s'accompagner d'une diffusion plus large de leurs bénéfices. La question n'est plus seulement de construire les instruments de la transformation, mais de déterminer dans quelle mesure ils peuvent modifier durablement les conditions économiques et sociales du pays.

C'est à cette articulation entre continuité institutionnelle, responsabilité gouvernementale et résultats publics que se mesurera la portée de la nouvelle séquence politique.

Sources principales :

  • Maroc.ma — Composition officielle du gouvernement, 16 octobre 2026
  • Maroc.ma — Formation de la majorité gouvernementale, 13 octobre 2026
  • Reuters — Formation et défis du nouveau gouvernement, 16 octobre 2026
  • Médias24 — Composition et calendrier politique, 16 octobre 2026