Il suffit de regarder une carte pour comprendre une partie de l’ambition algérienne. Le pays occupe près de 2,4 millions de kilomètres carrés, davantage que n’importe quel autre État africain. Il possède une longue façade méditerranéenne, s’enfonce profondément dans le Sahara, partage des frontières avec sept pays et se trouve à quelques centaines de kilomètres de l’Europe. À cette géographie s’ajoutent des réserves considérables d’hydrocarbures, une population qui approche désormais 50 millions d’habitants, une armée parmi les mieux dotées du continent et une tradition diplomatique forgée dans les mouvements de décolonisation du XXe siècle.
Sur le papier, les éléments d’une puissance régionale sont donc réunis.
Pourtant, plus de six décennies après l’indépendance, l’Algérie demeure traversée par une contradiction fondamentale. Elle a réussi à construire un État souverain, à préserver une autonomie stratégique rare dans son environnement et à transformer ses ressources énergétiques en instruments de stabilité et d’influence. Elle n’a pas encore réussi avec la même efficacité à convertir cette puissance potentielle en une économie suffisamment diversifiée, en un secteur privé capable de prendre le relais de l’État et en une influence régionale correspondant pleinement à ses moyens.
C’est là que se trouve l’équation algérienne. Elle n’est pas celle d’un pays dépourvu d’atouts, mais presque l’inverse : celle d’un pays qui en possède beaucoup et dont l’histoire contemporaine peut être lue comme une longue tentative pour les transformer en puissance durable.
L’indépendance comme matrice
Peu de pays ont construit leur identité politique moderne autour de leur naissance avec autant d’intensité que l’Algérie.
La guerre d’indépendance, de 1954 à 1962, ne fut pas seulement l’événement fondateur d’un nouvel État. Elle devint la source d’une légitimité politique, d’une doctrine diplomatique et d’une conception particulière de la souveraineté. L’Algérie indépendante se pensa comme un pays qui avait arraché lui-même son existence à une puissance coloniale et qui, par conséquent, devait préserver sa liberté de décision.
Cette mémoire explique une partie de la continuité de sa politique étrangère. Alger soutint les mouvements de libération nationale, défendit le principe d’autodétermination, participa au mouvement des non-alignés et chercha à maintenir une distance vis-à-vis des grandes architectures d’alliances. Cette culture stratégique survécut à la guerre froide.
Elle explique aussi pourquoi l’État occupe une place si particulière dans l’organisation du pays. Après 1962, il ne s’agissait pas simplement de gouverner un territoire nouvellement indépendant. Il fallait construire des institutions, développer les infrastructures, généraliser l’éducation, organiser une économie nationale et affirmer la souveraineté sur les ressources.
La nationalisation des hydrocarbures en 1971 symbolisa cette philosophie. Le pétrole et surtout le gaz ne seraient pas seulement des marchandises. Ils deviendraient les instruments matériels de l’indépendance.
Sonatrach finit ainsi par occuper une position dépassant largement celle d’une entreprise énergétique. Elle devint l’un des piliers économiques de l’État algérien et le principal canal par lequel la richesse du sous-sol pouvait financer la construction nationale.
Ce choix allait produire des résultats considérables. Il allait aussi installer au cœur du système une dépendance dont l’Algérie cherche encore à sortir.
La rente comme contrat social
L’expression « économie de rente » est souvent utilisée avec une facilité qui finit par masquer ce qu’elle signifie réellement.
En Algérie, la rente pétrolière et gazière a permis de financer bien davantage que l’appareil d’État. Elle a contribué à soutenir les salaires publics, les transferts sociaux, les subventions énergétiques, le logement, les infrastructures, l’investissement public et une partie du pouvoir d’achat. Lorsque les cours des hydrocarbures montent, les marges de manœuvre de l’État augmentent. Lorsqu’ils diminuent, les fragilités du modèle réapparaissent.
Cette relation demeure visible dans les chiffres. Selon le FMI, les hydrocarbures représentaient encore en 2023 environ 84 % des exportations algériennes de biens et services et 91 % des seules exportations de marchandises. Ils procuraient alors environ 60 % des recettes budgétaires, proportion tombée à environ la moitié en 2024.
La dépendance est donc double : extérieure, parce que les hydrocarbures dominent les recettes d’exportation ; intérieure, parce qu’ils conditionnent largement la capacité budgétaire de l’État.
Les dernières années en ont fourni une démonstration presque parfaite.
Après la pandémie et surtout après l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, la hausse des prix énergétiques et la recherche européenne de fournisseurs alternatifs ont redonné à l’Algérie une importance stratégique immédiate. Le pays disposait d’un avantage que peu de producteurs pouvaient offrir : des infrastructures déjà reliées au marché européen.
L’Algérie possède des capacités de gaz naturel liquéfié à Arzew et Skikda et plusieurs grands gazoducs permettant d’acheminer directement du gaz vers l’Europe. En 2024, elle fournissait 19,3 % des importations européennes de gaz naturel à l’état gazeux et 10,7 % des importations de GNL, selon Eurostat.
L’Europe redécouvrait ainsi une réalité géographique que les marchés avaient parfois reléguée au second plan : l’Algérie se trouve immédiatement au sud de l’un des plus grands bassins de consommation énergétique du monde.
Mais cette embellie révéla simultanément le problème ancien. Plus les hydrocarbures renforcent l’Algérie à court terme, plus ils peuvent retarder la nécessité de transformer son modèle à long terme.
Une économie qui commence pourtant à bouger
Réduire l’économie algérienne à ses hydrocarbures serait néanmoins devenu trop simple.
Une transformation existe. Elle reste incomplète, mais elle est mesurable.
La Banque mondiale estime que les exportations hors hydrocarbures ont triplé depuis 2017 pour atteindre 5,1 milliards de dollars en 2023. Engrais, produits sidérurgiques et ciment commencent notamment à élargir la base exportatrice. Mais ces exportations ne représentaient encore qu’environ 2 % du PIB : suffisamment pour indiquer une direction, pas encore pour modifier la structure fondamentale de l’économie.
La croissance récente raconte la même histoire. En 2024, les réductions de production décidées dans le cadre de l’OPEP+ ont pesé sur les hydrocarbures, mais l’activité hors hydrocarbures est restée dynamique. Le FMI estimait la croissance réelle à 3,6 % cette année-là, tandis que la Banque mondiale soulignait la vigueur de l’investissement, de la consommation, des services et de l’industrie non extractive. En 2025, la dynamique hors hydrocarbures s’est poursuivie.
Le paradoxe devient alors plus subtil. L’Algérie se diversifie, mais une grande partie de cette diversification reste elle-même soutenue par la dépense publique, laquelle dépend encore largement de la rente énergétique.
Autrement dit, développer une activité hors hydrocarbures ne suffit pas nécessairement à sortir du modèle des hydrocarbures.
Le véritable basculement surviendra lorsque l’investissement privé, la productivité, l’innovation, les exportations industrielles et les entreprises indépendantes de la commande publique seront capables d’entretenir leur propre dynamique.
C’est précisément là que se joue une grande partie de l’avenir économique du pays.
L’État omniprésent
Le modèle algérien repose historiquement sur une conviction : l’État doit demeurer le garant de la souveraineté économique autant que politique.
Cette logique a protégé certains secteurs stratégiques et permis au pays de conserver une maîtrise nationale importante de ses ressources. Mais elle a également produit un environnement dans lequel entreprises publiques, banques publiques, réglementation, contrôle des changes et décisions administratives occupent une place considérable.
Le FMI souligne aujourd’hui les liens étroits entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques, tout en appelant à développer davantage l’investissement privé. En 2025, le déficit budgétaire est resté très élevé et, selon les conclusions préliminaires de la mission du FMI de juillet 2026, il représentait encore 10,5 % du PIB, tandis que la dette publique atteignait 52,1 % du PIB. Le Fonds estime néanmoins que la croissance a atteint 3,9 % en 2025 et pourrait rester proche de 3,8 % en 2026.
Ce ne sont pas les chiffres d’une économie en effondrement. Ils décrivent plutôt un système qui continue de produire de la croissance tout en consommant progressivement certaines de ses marges de sécurité.
C’est une distinction essentielle.
L’Algérie dispose encore de ressources énergétiques, de réserves de change significatives, d’un marché intérieur important et d’une dette extérieure historiquement contenue. Elle n’est donc pas confrontée à l’urgence existentielle de nombreux États rentiers. Cette relative sécurité lui donne du temps.
Mais le temps peut être utilisé de deux manières : pour transformer un modèle ou pour prolonger son fonctionnement.
Une société plus difficile à administrer par la rente
L’autre transformation est démographique et sociale.
L’Algérie comptait environ 46,8 millions d’habitants en 2024 selon la Banque mondiale, contre moins de 12 millions au moment de l’indépendance. Les Nations unies estimaient sa population à environ 47,4 millions en 2025.
Cette Algérie-là n’est plus celle qui a construit l’État postcolonial.
Elle est massivement urbanisée, connectée au monde, beaucoup plus instruite et composée de générations pour lesquelles la guerre d’indépendance demeure fondamentale dans l'histoire nationale mais appartient à un passé qu’elles n’ont pas vécu.
Le Hirak de 2019 fut l’expression spectaculaire de cette évolution.
Le mouvement ne remettait pas seulement en cause la perspective d’un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Il exprimait une demande plus profonde de renouvellement politique, de responsabilité publique et de transformation des mécanismes de représentation. La démission de Bouteflika mit fin à une présidence de vingt ans, mais pas aux interrogations ayant produit la mobilisation.
Abdelmadjid Tebboune, élu en 2019 puis réélu en 2024, a engagé plusieurs réformes économiques et institutionnelles tout en maintenant les grandes continuités de l’État algérien.
C’est peut-être ici que l’équation devient la plus délicate. Le système politique doit préserver la stabilité dans une région où l’effondrement des États voisins a produit des conséquences dramatiques, tout en répondant aux aspirations d’une société qui demande davantage de mobilité économique, d’efficacité administrative et de perspectives.
L’Algérie connaît parfaitement le prix de l’instabilité. La guerre civile des années 1990, la « décennie noire », reste profondément inscrite dans la mémoire collective. Cette expérience contribue à expliquer la valeur accordée à l’ordre et à la continuité.
Mais la stabilité n’est durable que lorsqu’elle parvient à accompagner le changement plutôt qu’à simplement le contenir.
L’armée et la permanence de l’État
Aucune lecture de l’Algérie contemporaine ne serait complète sans l’institution militaire.
L’Armée nationale populaire est l’héritière directe de l’Armée de libération nationale. Cette filiation lui confère une place historique singulière dans la formation du régime et dans l’imaginaire national. Son influence politique a varié selon les périodes, mais elle est demeurée l’une des institutions centrales de l’État.
Sa puissance matérielle est également considérable.
Les dépenses militaires algériennes ont fortement progressé ces dernières années, dans un contexte régional marqué par l’instabilité du Sahel, la guerre en Libye, les tensions avec le Maroc et la dégradation générale de l’environnement sécuritaire. SIPRI estimait déjà les dépenses militaires algériennes à 18,3 milliards de dollars en 2023, après une hausse spectaculaire de 76 % sur un an. L’ensemble de l’Afrique du Nord représentait plus de 30 milliards de dollars de dépenses militaires en 2024.
Cette capacité donne à l’Algérie une profondeur stratégique réelle. Son territoire saharien impose à lui seul des exigences considérables de surveillance. À l’est se trouvent la Libye et la Tunisie ; au sud, le Niger et le Mali ; plus largement, le Sahel est devenu l’une des zones les plus instables du système international.
L’Algérie ne peut donc pas choisir de s’en désintéresser.
Mais sa doctrine demeure prudente. Alger privilégie historiquement la souveraineté des États, la non-ingérence et les solutions politiques aux interventions militaires extérieures. Cette culture lui a parfois permis d’agir comme médiateur. Elle peut aussi limiter sa capacité à peser lorsque les crises régionales évoluent selon des logiques qui échappent aux instruments diplomatiques traditionnels.
Le Maghreb impossible
À l’ouest se trouve l’autre grande constante de la géopolitique algérienne : le Maroc.
Les deux pays possèdent beaucoup de caractéristiques qui auraient pu en faire les piliers d’un espace maghrébin intégré. Ils partagent une frontière de plus de 1 500 kilomètres, des proximités culturelles considérables, des économies potentiellement complémentaires et un intérêt objectif à développer les échanges régionaux.
Ils sont pourtant engagés depuis des décennies dans une rivalité stratégique qui dépasse largement les différends bilatéraux.
Au centre se trouve le Sahara occidental. Alger soutient le Front Polisario et défend le principe d’autodétermination du peuple sahraoui. Rabat considère au contraire le territoire comme partie intégrante du Maroc et propose un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine. La question est devenue indissociable de la compétition plus large entre les deux États pour l’influence au Maghreb et en Afrique.
La frontière terrestre est fermée depuis 1994. Les relations diplomatiques ont été rompues par l’Algérie en 2021. La construction maghrébine, déjà faible, s’en trouve pratiquement paralysée.
Pour l’Algérie comme pour le Maroc, le coût dépasse la diplomatie.
Le Maghreb reste l’une des régions les moins intégrées économiquement au monde alors même que sa géographie semble appeler le contraire. L’absence d’un véritable marché régional réduit les économies d’échelle, complique les chaînes de valeur et prive l’Afrique du Nord d’un levier collectif face à l’Europe, au Sahel et à l’Afrique subsaharienne.
La rivalité algéro-marocaine est donc un rapport de puissance, mais aussi un paradoxe : chacun des deux pays cherche à accroître son influence régionale dans un Maghreb dont leur confrontation empêche précisément l’émergence comme puissance collective.
L’Europe : proximité sans alignement
Au nord, la relation avec l’Europe obéit à une autre logique.
L’Union européenne est un partenaire commercial majeur de l’Algérie, mais la structure des échanges révèle encore l’asymétrie de son économie. Les importations européennes en provenance d’Algérie sont dominées par les produits minéraux, tandis que l’Europe exporte vers l’Algérie machines, équipements, produits chimiques et produits agroalimentaires.
Cette relation est à la fois indispensable et inconfortable.
L’Europe a besoin de l’énergie algérienne. L’Algérie a besoin du marché européen. Mais Alger refuse généralement que cette interdépendance se transforme en alignement stratégique.
La relation avec la France illustre encore davantage cette complexité. Aux échanges humains, économiques et culturels d’une densité exceptionnelle s’ajoute une mémoire coloniale qui continue périodiquement de réapparaître dans la relation bilatérale. Peu de relations internationales combinent autant de proximité sociale et autant de potentiel de crispation politique.
L’Algérie cherche donc à multiplier ses partenaires.
La Russie demeure un partenaire historique, notamment dans le domaine militaire. La Chine s’est imposée comme un acteur économique et infrastructurel majeur. Les relations avec l’Italie se sont renforcées autour de l’énergie. Les États-Unis restent un interlocuteur important sur les questions énergétiques et sécuritaires. Alger entretient parallèlement ses réseaux africains et arabes.
Cette diversification diplomatique répond à une logique ancienne : ne dépendre entièrement de personne.
Ni Occident, ni bloc adverse
Cette volonté d’autonomie explique aussi le positionnement international de l’Algérie.
Le pays entretient des relations étroites avec Moscou sans devenir un satellite russe. Il développe ses relations avec Pékin sans renoncer à ses liens européens. Il coopère avec Washington sur certains dossiers tout en conservant des positions indépendantes sur de nombreuses crises internationales.
L’adhésion de l’Algérie à la New Development Bank en mai 2025 s’inscrit dans cette recherche de diversification. Créée par les BRICS, la banque offre à Alger un canal supplémentaire de financement et de coopération avec les grandes économies émergentes.
L’objectif n’est pas nécessairement de remplacer une dépendance occidentale par une dépendance orientale. Il est plutôt d’augmenter le nombre d’options disponibles.
Cette stratégie devient particulièrement pertinente dans un système international qui se fragmente. Un pays fournisseur d’énergie à l’Europe, partenaire militaire historique de la Russie, proche économiquement de la Chine, africain, arabe et méditerranéen dispose théoriquement d’une capacité considérable à jouer sur plusieurs espaces simultanément.
Encore faut-il convertir cette position en influence.
Le Sahara, territoire de demain
La carte algérienne contient enfin une autre promesse.
L’immensité saharienne, longtemps perçue d’abord comme un espace de profondeur stratégique et d’extraction énergétique, pourrait devenir l’un des principaux actifs économiques du pays au XXIe siècle.
Le potentiel solaire est immense. Les infrastructures énergétiques existantes offrent des bases pour de nouvelles chaînes industrielles. L’hydrogène, les interconnexions électriques, les minerais, l’agriculture saharienne et les corridors reliant la Méditerranée au Sahel peuvent progressivement modifier la fonction économique du territoire.
Mais cette transformation exige précisément ce que les hydrocarbures ont parfois rendu moins urgent : capital, technologie, efficacité institutionnelle, infrastructures, intégration commerciale et capacité à attirer durablement l’investissement.
Elle impose également de prendre au sérieux la contrainte climatique. L’Algérie est confrontée à l’augmentation des températures, au stress hydrique, aux sécheresses et aux risques pesant sur l’agriculture et les villes. La Banque mondiale place désormais l’adaptation climatique, la gestion de l’eau et la transition énergétique parmi les enjeux structurants du développement algérien.
Le désert qui a longtemps donné à l’Algérie sa profondeur pourrait donc devenir l’un des lieux où se décidera son prochain modèle.
Transformer la puissance
L’Algérie n’est ni une puissance empêchée, ni un géant endormi, ni un pays condamné à la rente. Ces formules sont séduisantes parce qu’elles simplifient ce qui ne l’est pas.
Le pays a déjà accompli plusieurs transformations considérables.
Il a survécu à une guerre d’indépendance dévastatrice, construit un État sur un territoire immense, traversé une guerre civile, développé des infrastructures nationales, constitué une industrie énergétique de premier plan, maintenu son autonomie diplomatique et conservé une capacité de décision souveraine dans un environnement régional extrêmement instable.
Ce sont des acquis réels.
Mais le XXIe siècle impose une autre forme de puissance.
Les hydrocarbures peuvent encore financer l’État pendant longtemps, mais ils ne suffiront pas à créer tous les emplois nécessaires à une population approchant 50 millions d’habitants. L’armée peut protéger le territoire, mais elle ne peut pas produire la diversification économique. La souveraineté peut préserver la liberté de décision, mais elle ne garantit pas la compétitivité. La géographie peut offrir une position exceptionnelle entre Europe et Afrique, mais elle ne crée pas automatiquement les échanges qui permettraient d’en tirer parti.
C’est pourquoi la question algérienne n’est probablement plus de savoir si le pays possède les attributs de la puissance.
Il les possède.
La question est de savoir s’il peut les faire fonctionner ensemble.
Transformer la rente en capital productif. Transformer une population nombreuse et éduquée en moteur d’innovation. Transformer le Sahara en espace économique plutôt qu’en simple profondeur territoriale. Transformer l’autonomie diplomatique en capacité d’initiative. Transformer enfin la stabilité, longtemps considérée comme une finalité, en socle d’une transformation plus profonde.
L’Algérie dispose encore d’une ressource que beaucoup de pays n’ont plus : du temps, des moyens et plusieurs trajectoires possibles.
Mais les équations historiques ne restent pas indéfiniment ouvertes.
Celle de l’Algérie attend toujours sa résolution.
Sources principales
Fonds monétaire international — Algeria: 2025 Article IV Consultation et mission Article IV 2026.
Banque mondiale — Algeria Economic Update, éditions printemps et automne 2025 ; données démographiques et travaux sur la diversification économique.
Eurostat et Commission européenne — statistiques sur les importations énergétiques européennes et les relations commerciales UE–Algérie.
U.S. Energy Information Administration — infrastructures gazières, gazoducs et capacités de GNL algériennes.
Stockholm International Peace Research Institute — données et analyses sur les dépenses militaires en Algérie et en Afrique du Nord.
Nations unies — données démographiques et territoriales sur l’Algérie.
New Development Bank — adhésion de l’Algérie à la banque en mai 2025.
Bureau de recherche Atlas Limits
Bureau éditorial et analytique d’Atlas Limits.


