À quatorze kilomètres l’un de l’autre, l’Espagne et le Maroc ont longtemps entretenu une relation faite de proximité géographique, de méfiance historique et de crises périodiques. Mais derrière les différends territoriaux, migratoires et diplomatiques s’est progressivement constituée une interdépendance beaucoup plus profonde. Commerce, industrie, ports, énergie, sécurité, migration et infrastructures relient désormais les deux rives du détroit de Gibraltar. Madrid et Rabat ne sont plus simplement voisins : ils deviennent progressivement deux composantes d’un même espace stratégique entre Europe, Méditerranée et Afrique.

Il suffit de regarder une carte pour comprendre l’essentiel. L’Espagne constitue l’extrémité méridionale de l’Europe continentale. Le Maroc occupe l’extrémité nord-occidentale de l’Afrique. Entre les deux, le détroit de Gibraltar relie la Méditerranée à l’Atlantique et concentre une partie majeure des flux maritimes mondiaux.

Cette proximité n’a pourtant jamais produit une relation simple. L’histoire coloniale espagnole au Maroc, la guerre du Rif, la décolonisation, le Sahara occidental, Ceuta et Melilla, les frontières maritimes, la pêche et les mouvements migratoires ont régulièrement provoqué des tensions.

Mais une transformation plus discrète s’est opérée au cours des dernières décennies : les intérêts matériels des deux pays sont devenus suffisamment imbriqués pour rendre les crises de plus en plus coûteuses.

La relation hispano-marocaine est ainsi passée progressivement d’une logique de voisinage difficile à une logique d’interdépendance stratégique.

Une histoire qui continue de peser

L’Espagne a longtemps exercé une présence territoriale importante dans le nord et le sud du Maroc. Le protectorat espagnol établi en 1912 couvrait notamment une partie du Rif, tandis que Madrid contrôlait également des territoires plus au sud.

La guerre du Rif, entre 1921 et 1926, constitue l’un des épisodes les plus violents de cette histoire. Après l’indépendance marocaine en 1956, la plupart des possessions espagnoles furent progressivement rétrocédées, mais certaines questions territoriales demeurèrent.

Ceuta et Melilla constituent le contentieux le plus visible. Ces deux villes, administrées par l’Espagne depuis plusieurs siècles, sont considérées par Madrid comme faisant intégralement partie du territoire espagnol. Le Maroc conteste cette situation et considère les deux enclaves comme des territoires devant revenir sous sa souveraineté.

À cela s’ajoutent plusieurs îlots et territoires espagnols situés au large des côtes marocaines.

En 2002, le différend autour de l’îlot Persil — Leila pour le Maroc, Perejil pour l’Espagne — conduisit même à une confrontation militaire limitée. Des soldats marocains s’installèrent sur l’îlot avant qu’une opération espagnole ne les en déloge. Une médiation américaine permit finalement un retour au statu quo.

L’épisode illustrait une caractéristique durable de la relation : des tensions symboliquement très fortes peuvent apparaître autour de territoires minuscules parce qu’elles renvoient à des questions beaucoup plus vastes de souveraineté, d’histoire et de statut régional.

Le Sahara occidental, pivot diplomatique

Pendant des décennies, le Sahara occidental a constitué l’un des principaux obstacles à une relation durablement stabilisée.

Ancienne colonie espagnole jusqu'en 1975, le territoire est aujourd’hui majoritairement contrôlé par le Maroc, tandis que le Front Polisario revendique son indépendance. Les Nations unies continuent de considérer le Sahara occidental comme un territoire non autonome dont le statut définitif reste à déterminer.

En mars 2022, le gouvernement espagnol a profondément modifié son positionnement diplomatique. Pedro Sánchez a déclaré que Madrid considérait la proposition marocaine d’autonomie présentée en 2007 comme « la base la plus sérieuse, crédible et réaliste » pour parvenir à une solution, tout en maintenant que celle-ci devait intervenir dans le cadre des Nations unies et être mutuellement acceptable par les parties.

Cette évolution permit de sortir d’une grave crise diplomatique ouverte l’année précédente.

En mai 2021, plusieurs milliers de personnes avaient franchi en quelques heures la frontière de Ceuta depuis le Maroc, dans un contexte de fortes tensions après l’accueil en Espagne, pour raisons médicales, du dirigeant du Front Polisario Brahim Ghali.

L’épisode démontra brutalement à Madrid que les dossiers diplomatiques, migratoires et sécuritaires étaient difficilement séparables.

Le rapprochement engagé en 2022 a depuis résisté. Lors de la XIIIe réunion de haut niveau Espagne–Maroc organisée à Madrid en décembre 2025, les deux gouvernements ont explicitement réaffirmé leur volonté de poursuivre la feuille de route engagée en 2022. Quatorze accords de coopération supplémentaires ont alors été signés.

Le contentieux saharien n’a cependant pas disparu du paysage européen. En octobre 2024, la Cour de justice de l’Union européenne a rendu plusieurs arrêts concernant l’application au Sahara occidental d'accords conclus entre l’Union européenne et le Maroc. La Cour a notamment réaffirmé le statut distinct du territoire au regard du droit de l’Union et posé des exigences relatives au consentement du peuple du Sahara occidental.

La normalisation politique entre Madrid et Rabat ne signifie donc pas la disparition de toutes les difficultés juridiques et diplomatiques entourant le dossier.

Une relation commerciale devenue structurelle

La transformation la plus profonde est peut-être économique.

L’Espagne est devenue le premier partenaire commercial du Maroc en 2012 et conserve depuis cette position selon le gouvernement espagnol. En 2024, les exportations espagnoles vers le Maroc atteignaient 12,859 milliards d’euros, tandis que les importations espagnoles de marchandises marocaines représentaient 9,834 milliards d’euros. Hors Union européenne, le Maroc était cette année-là le troisième débouché des exportations espagnoles, derrière les États-Unis et le Royaume-Uni, et le quatrième fournisseur de l’Espagne.

Ces chiffres racontent davantage qu'une simple progression du commerce bilatéral.

Une partie croissante des échanges correspond à des chaînes de valeur intégrées. Automobile, équipements électriques, textile, agriculture, composants industriels, logistique et services relient des entreprises implantées des deux côtés du détroit.

Le Maroc n’est donc plus seulement un marché d’exportation pour l’Espagne. Il devient également une plateforme industrielle située immédiatement au sud de l’Union européenne.

Pour les entreprises espagnoles, cette configuration est particulièrement attractive : proximité géographique, coûts de production différents, accords commerciaux marocains avec plusieurs régions du monde et développement rapide des infrastructures.

Pour le Maroc, l’Espagne constitue simultanément un marché, un investisseur, un fournisseur industriel et une porte d’entrée vers l’économie européenne.

C’est précisément cette réciprocité qui change la nature de la relation.

Tanger Med et Algésiras : deux rives d’un même système

Nulle part cette interdépendance n’est aussi visible que dans le détroit.

Sur la rive européenne se trouve le complexe portuaire d’Algésiras. Sur la rive africaine, Tanger Med est devenu l’un des principaux hubs portuaires et logistiques de Méditerranée et d’Afrique.

À première vue, les deux ports peuvent apparaître comme des concurrents cherchant à capter les mêmes flux de conteneurs et de transbordement.

En réalité, ils appartiennent également au même écosystème maritime.

Quelques dizaines de kilomètres séparent les terminaux. Les ferries, camions, conteneurs, chaînes industrielles et flux humains circulent constamment entre les deux rives.

Le détroit fonctionne ainsi progressivement comme une interface économique intégrée entre deux continents.

Cette géographie pourrait devenir encore plus importante avec le déplacement progressif de certaines chaînes de production vers des implantations proches du marché européen. Dans un monde où les entreprises cherchent à réduire certaines dépendances asiatiques et à raccourcir leurs chaînes logistiques, le nord du Maroc dispose d’un avantage géographique exceptionnel.

L’Andalousie et le nord du Maroc pourraient dès lors être considérés moins comme deux périphéries de continents différents que comme les deux rives d’un même corridor économique.

L’automobile comme laboratoire de l’intégration

Le secteur automobile illustre particulièrement cette évolution.

Le Maroc a développé depuis les années 2010 une importante industrie automobile autour notamment de Tanger et Kénitra. Autour des grands constructeurs s’est constitué un réseau de sous-traitants produisant câblages, composants, équipements électroniques et pièces mécaniques.

L’Espagne possède parallèlement l’une des principales industries automobiles européennes.

La proximité permet donc la constitution de chaînes de production transméditerranéennes dans lesquelles les composants peuvent traverser le détroit à différents stades de fabrication.

Cette dynamique pourrait s’étendre.

Batteries, mobilité électrique, aéronautique, électronique, équipements ferroviaires, énergies renouvelables et industries liées à l’eau constituent autant de secteurs dans lesquels les complémentarités potentielles sont importantes.

Lors de la réunion bilatérale de décembre 2025, Madrid et Rabat ont précisément insisté sur l’intégration accrue de leurs économies dans les chaînes de valeur régionales méditerranéennes et africaines. L’Espagne a également manifesté l’intérêt de ses entreprises pour les programmes marocains d’investissements ferroviaires, portuaires, aéroportuaires et routiers.

La relation commence ainsi à dépasser le simple commerce de marchandises pour toucher à l’organisation même des systèmes productifs.

Migration : coopération et vulnérabilité

La migration demeure cependant l’un des dossiers les plus sensibles.

Le Maroc est simultanément pays d’origine, de transit et de destination migratoire. Sa position géographique en fait l’une des principales interfaces entre l’Afrique et l’Europe occidentale.

Pour l’Espagne, la coopération avec les autorités marocaines est donc essentielle dans la gestion des routes migratoires occidentales vers la péninsule Ibérique, Ceuta, Melilla et les îles Canaries.

Mais cette coopération crée également une dépendance.

La crise de Ceuta en 2021 avait montré à quelle vitesse une dégradation politique pouvait produire des conséquences directement perceptibles sur le territoire espagnol. Inversement, le Maroc dépend lui aussi de relations fonctionnelles avec l’Espagne et l’Union européenne pour la mobilité légale, les échanges économiques et la coopération sécuritaire.

À cette dimension migratoire s’ajoute une réalité humaine beaucoup plus profonde.

Près d’un million de ressortissants marocains résident en Espagne selon les chiffres cités par le gouvernement espagnol fin 2025. Les Marocains constituent la première communauté étrangère du pays. Le gouvernement espagnol indiquait également que quelque 335 000 travailleurs marocains cotisaient à la Sécurité sociale, davantage que toute autre nationalité étrangère.

La relation entre les deux États est donc aussi devenue une relation entre deux sociétés.

Une frontière sécuritaire de l’Europe

La coopération dépasse largement la migration.

Terrorisme, narcotrafic, criminalité organisée, trafic de personnes et surveillance maritime font du Maroc un partenaire sécuritaire majeur pour l’Espagne.

Les réseaux criminels opérant dans le détroit exploitent précisément la densité des échanges entre les deux rives. Les opérations conjointes ou coordonnées entre services marocains et espagnols sont donc devenues une composante régulière de la relation bilatérale.

Cette situation donne au Maroc une importance particulière dans l’architecture sécuritaire européenne.

Rabat n’est pas membre de l’Union européenne ni de l’OTAN, mais sa stabilité et sa coopération ont des conséquences directes sur la sécurité de la frontière méridionale européenne.

Pour Madrid, préserver des relations fonctionnelles avec Rabat relève ainsi moins d’une préférence diplomatique que d’un impératif géographique.

L’énergie rapproche également les deux rives

Le détroit n’est pas seulement traversé par des navires. Il est aussi traversé par des infrastructures énergétiques.

Les réseaux électriques espagnol et marocain sont interconnectés, créant l’une des rares connexions physiques significatives entre les systèmes électriques européen et africain.

À mesure que le Maroc développe ses capacités solaires et éoliennes, cette connexion acquiert une dimension stratégique supplémentaire.

L’Europe cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques et à décarboner son économie. Le Maroc dispose d’importantes ressources renouvelables et ambitionne de développer des filières industrielles liées notamment à l’hydrogène vert.

Cela ne signifie pas que le Maroc deviendra automatiquement un grand fournisseur énergétique de l’Europe. Les coûts, infrastructures, rendements, besoins domestiques et modèles économiques restent déterminants.

Mais la géographie crée une possibilité remarquable : faire du détroit non seulement une route commerciale, mais également un corridor énergétique entre l’Afrique du Nord et l’Europe occidentale.

Dans cette perspective, l’Espagne pourrait devenir simultanément consommateur, partenaire industriel et territoire de transit.

Ceuta et Melilla : le contentieux qui demeure

La normalisation diplomatique ne résout cependant pas toutes les questions territoriales.

Ceuta et Melilla restent sous souveraineté espagnole et Madrid ne considère pas leur statut comme négociable. Le Maroc continue historiquement de contester cette souveraineté.

La particularité est que les deux gouvernements ont désormais intérêt à empêcher ce différend de contaminer l’ensemble de la relation.

Les villes sont également devenues des laboratoires de gestion frontalière. Commerce transfrontalier, circulation des personnes, contrôle douanier et migration y sont directement liés aux relations politiques entre Madrid et Rabat.

L’évolution récente suggère donc moins une résolution du contentieux qu’une stratégie de compartimentation : maintenir les désaccords tout en développant la coopération ailleurs.

Cette capacité à isoler les différends pourrait être l’une des conditions essentielles de la stabilité future.

L’Algérie, troisième acteur invisible

Il est impossible de comprendre complètement la relation Espagne–Maroc sans introduire un troisième pays : l’Algérie.

Rabat et Alger sont engagés dans une rivalité régionale profonde. Le Sahara occidental en constitue l’un des principaux points de divergence, l’Algérie soutenant le Front Polisario tandis que le Maroc considère le territoire comme partie intégrante du Royaume.

L’Espagne doit donc composer avec deux relations essentielles mais difficiles à concilier.

Le Maroc est devenu son principal partenaire stratégique au Maghreb sur les questions commerciales, migratoires et sécuritaires. L’Algérie demeure parallèlement un acteur énergétique majeur et un partenaire méditerranéen incontournable.

Le repositionnement espagnol de 2022 sur le Sahara occidental a ainsi eu des conséquences sur les relations entre Madrid et Alger.

L’Espagne se trouve au cœur d’un équilibre géopolitique délicat : approfondir son partenariat avec Rabat sans transformer cette relation en alignement systématique dans la rivalité maroco-algérienne.

Cette équation devrait rester l’une des principales contraintes de sa politique nord-africaine.

2030 : un accélérateur historique

La Coupe du monde de football 2030 offre désormais aux relations entre l’Espagne et le Maroc une dimension supplémentaire.

L’organisation conjointe par l’Espagne, le Maroc et le Portugal oblige les trois États à coopérer sur des sujets allant très au-delà du sport : transports, infrastructures, sécurité, tourisme, mobilité, télécommunications et logistique.

Madrid et Rabat présentent déjà officiellement l’événement comme une opportunité d’approfondissement économique. Lors de leur réunion de haut niveau de décembre 2025, les gouvernements ont explicitement identifié le Mondial comme un catalyseur potentiel de nouvelles coopérations.

Mais l’importance symbolique est peut-être encore supérieure.

Pour la première fois, une Coupe du monde sera organisée conjointement de part et d’autre de la Méditerranée et du détroit de Gibraltar.

L’événement donnera une représentation spectaculaire d’une réalité géographique ancienne : l’Europe du Sud et l’Afrique du Nord ne sont séparées que par une étroite bande de mer.

Vers un axe ibéro-marocain ?

La question essentielle dépasse donc désormais la normalisation diplomatique.

Il s’agit de savoir jusqu’où peut aller l’intégration.

Un axe associant Portugal, Espagne et Maroc représenterait près de 90 millions d’habitants et relierait directement l’Union européenne, l’Atlantique, la Méditerranée et l’Afrique occidentale.

L’Espagne dispose d’une économie développée, d’infrastructures européennes, de capacités industrielles importantes et d’un accès au marché unique. Le Maroc possède une démographie plus jeune, une base industrielle en expansion, des infrastructures portuaires majeures, des ressources renouvelables et une position privilégiée vers l’Afrique.

Les complémentarités sont évidentes.

Elles ne signifient pas pour autant convergence automatique. Les écarts de développement restent importants. Les intérêts agricoles peuvent être concurrents. Les questions migratoires peuvent redevenir explosives. Les contentieux territoriaux n’ont pas disparu. Le Sahara occidental demeure juridiquement et diplomatiquement sensible. Les changements politiques dans l’un ou l’autre pays peuvent également modifier les équilibres.

Mais quelque chose de plus structurel est désormais à l’œuvre.

La géographie finit toujours par revenir

Pendant une grande partie du XXe siècle, l’Espagne a regardé vers l’Europe tandis que le Maroc cherchait à consolider son indépendance et son environnement régional.

Leur proximité était souvent perçue comme une source de problèmes.

Au XXIe siècle, cette même proximité devient progressivement un actif.

Les chaînes industrielles se croisent. Les réseaux électriques se connectent. Les ports fonctionnent dans le même système maritime. Les entreprises investissent des deux côtés. Des centaines de milliers de Marocains travaillent en Espagne. Les services de sécurité coopèrent. Les gouvernements coordonnent leurs politiques migratoires. Et les deux pays prépareront ensemble l’un des plus grands événements sportifs mondiaux.

Cela ne transforme pas l’Espagne et le Maroc en alliés dépourvus de divergences.

Cela produit quelque chose de probablement plus solide : une relation dans laquelle le coût de la rupture augmente continuellement.

C’est peut-être là que réside la véritable transformation stratégique du détroit de Gibraltar.

Pendant des siècles, il a été décrit comme une frontière entre deux continents, deux mondes et deux espaces politiques.

Il pourrait progressivement devenir exactement l’inverse : l’un des principaux points de jonction entre l’Europe et l’Afrique.

Sources principales

  • Gouvernement espagnol — Présidence du gouvernement et ministère des Affaires étrangères : relations bilatérales Espagne–Maroc, feuille de route engagée en 2022 et XIIIe Réunion de haut niveau de décembre 2025.
  • Gouvernement espagnol — données officielles sur les échanges commerciaux Espagne–Maroc en 2024.
  • Gouvernement espagnol — déclarations de Pedro Sánchez devant le Congrès concernant le Sahara occidental et les relations avec le Maroc, 2022.
  • Gouvernement espagnol — coopération en matière d’investissements, de transports et d’infrastructures, XIIIe Réunion de haut niveau, décembre 2025.
  • Gouvernement espagnol — coopération sociale, migratoire, agricole et halieutique avec le Maroc.
  • Cour de justice de l’Union européenne — arrêts du 4 octobre 2024 relatifs au Sahara occidental et aux accords UE–Maroc.
  • Conseil européen — conclusions d’octobre 2024 sur le partenariat stratégique entre l’Union européenne et le Maroc.