La concurrence est souvent racontée comme une course. Des individus se disputent des emplois, des entreprises des clients, des États des investissements, des technologies ou des ressources. Les meilleurs progressent, les moins efficaces s'adaptent ou disparaissent, et de cette sélection émergeraient innovation, productivité et croissance.
Cette représentation contient une part de vérité. Mais elle devient insuffisante à mesure que la concurrence change d'échelle.
Car toutes les compétitions ne se ressemblent pas. Une entreprise qui cherche à fabriquer un produit moins cher n'agit pas dans le même environnement qu'une plateforme contrôlant l'accès à des millions d'utilisateurs. Un ingénieur qui améliore ses compétences n'est pas placé dans la même situation qu'un travailleur dont certaines tâches peuvent désormais être exécutées par une intelligence artificielle. Et un État qui cherche à attirer des investissements ne poursuit plus seulement un objectif de croissance lorsqu'il subventionne ses semi-conducteurs, sécurise ses minerais critiques ou limite l'exportation de certaines technologies.
La concurrence reste un moteur du progrès. Mais elle est également devenue l'un des mécanismes par lesquels se redistribuent le revenu, le pouvoir économique et, de plus en plus, la puissance internationale.
La promesse de la concurrence
Le raisonnement économique est relativement simple. Lorsqu'une entreprise sait que ses clients peuvent se tourner vers un concurrent, elle dispose d'une incitation supplémentaire à réduire ses coûts, améliorer son produit, investir ou innover. Lorsqu'un nouvel acteur peut entrer sur un marché, les entreprises installées ne peuvent considérer indéfiniment leurs positions comme acquises.
C'est cette possibilité d'être contesté qui constitue probablement l'élément essentiel.
L'OCDE considère ainsi que des réglementations favorables à la concurrence peuvent soutenir l'innovation, le dynamisme entrepreneurial, la productivité, l'investissement et l'emploi. La Banque mondiale souligne de son côté que des marchés effectivement concurrentiels peuvent améliorer le fonctionnement de secteurs essentiels, à condition que les règles d'entrée et les institutions empêchent cartels, abus de position dominante et protections artificielles des acteurs établis.
La concurrence agit alors comme une discipline.
Elle oblige les organisations à apprendre. Elle accélère la diffusion de certaines innovations. Elle permet à de nouveaux modèles économiques de remettre en cause des structures devenues inefficaces. Elle offre également au consommateur un pouvoir souvent sous-estimé : celui de changer de fournisseur.
Mais cette mécanique suppose une condition fondamentale : que la compétition demeure ouverte.
Un marché dans lequel quelques acteurs disposent de barrières quasiment infranchissables n'est plus nécessairement concurrentiel simplement parce que plusieurs entreprises y sont présentes. La question décisive devient alors moins le nombre de concurrents que la possibilité réelle de les contester.
Quand le travail devient lui-même un marché mondial
Pour les individus, cette logique s'est progressivement étendue.
Pendant une grande partie de l'ère industrielle, la concurrence professionnelle était essentiellement locale ou nationale. Un comptable, un ingénieur, un architecte ou un employé administratif se comparait principalement aux travailleurs accessibles à une entreprise dans son environnement géographique.
La mondialisation des services, le travail à distance et les plateformes numériques ont partiellement rompu cette frontière.
Pour certaines professions, une entreprise peut désormais recruter, sous-traiter ou acheter une prestation à plusieurs milliers de kilomètres. Le marché du travail n'est évidemment pas devenu mondial dans son intégralité : la langue, la réglementation, les qualifications, les fuseaux horaires et la nécessité d'une présence physique continuent de fragmenter fortement l'emploi. Mais pour une partie croissante des activités numérisables, la distance protège moins qu'autrefois.
Une seconde transformation commence désormais à se superposer à la première : la concurrence ne se joue plus seulement entre travailleurs.
Elle se joue aussi entre différentes combinaisons de travail humain et de technologie.
L'Organisation internationale du travail estimait en 2025 qu'environ un travailleur sur quatre dans le monde exerçait une profession présentant un certain degré d'exposition à l'intelligence artificielle générative. L'OIT insistait cependant sur un point essentiel : la transformation des emplois paraît, à ce stade, plus probable que leur disparition pure et simple.
Cette distinction change profondément la question de la compétitivité individuelle.
L'enjeu n'est plus uniquement de posséder davantage de diplômes ou d'expérience que le candidat voisin. Il devient de savoir quelles tâches peuvent être automatisées, lesquelles peuvent être augmentées par la technologie et lesquelles reposent encore sur le jugement, la responsabilité, la créativité, la négociation, la connaissance du terrain ou la confiance.
La technologie ne supprime donc pas nécessairement la concurrence entre travailleurs. Elle en déplace les frontières.
Dans certains métiers, celui qui maîtrise l'outil peut progressivement concurrencer celui qui ne le maîtrise pas. Dans d'autres, une petite équipe équipée de systèmes d'intelligence artificielle peut accomplir une quantité de travail qui nécessitait auparavant une organisation beaucoup plus importante.
La productivité devient alors une qualité de moins en moins individuelle. Elle dépend également de l'accès au capital, aux données, aux logiciels et aux infrastructures.
Le paradoxe de l'entreprise dominante
La même ambiguïté apparaît à l'échelle des entreprises.
La concurrence peut produire de nouveaux acteurs. Mais le succès de ces acteurs peut, à son tour, réduire la concurrence qui les a fait émerger.
Ce phénomène n'est pas nouveau. Les économies d'échelle ont toujours favorisé la concentration dans certains secteurs. Mais l'économie numérique a renforcé plusieurs mécanismes capables d'accélérer ce processus : effets de réseau, accumulation de données, coûts de changement de fournisseur, intégration d'écosystèmes, puissance informatique et capacité d'investissement.
Plus une plateforme attire d'utilisateurs, plus elle peut devenir utile. Plus elle devient utile, plus elle attire d'utilisateurs. L'avantage concurrentiel peut alors se transformer en boucle cumulative.
La Commission européenne a précisément construit le Digital Markets Act autour de cette difficulté. Le dispositif ne cherche plus seulement à sanctionner après coup certains comportements anticoncurrentiels. Il impose des obligations spécifiques aux grandes plateformes considérées comme des « gatekeepers », c'est-à-dire des acteurs capables de devenir des points de passage structurants entre entreprises et utilisateurs.
Le débat s'est même déplacé vers les infrastructures de l'intelligence artificielle. En juin 2026, la Commission européenne a indiqué considérer à titre préliminaire qu'Amazon Web Services et Microsoft Azure devraient être désignés comme gatekeepers pour leurs services de cloud. Elle relevait notamment les effets de verrouillage, les coûts élevés de changement de fournisseur et le poids croissant des outils et partenariats liés à l'intelligence artificielle dans les décisions d'achat de services cloud.
Le problème devient alors structurel.
L'entreprise dominante n'est pas nécessairement dominante parce qu'elle empêche la concurrence. Elle peut avoir atteint cette position précisément parce qu'elle a mieux innové que ses concurrents. Mais une fois l'écart suffisamment important, les infrastructures, les données, le capital et les effets de réseau accumulés peuvent rendre la prochaine vague d'innovation beaucoup plus difficile pour les nouveaux entrants.
La concurrence peut ainsi produire sa propre concentration.
L'innovation ne naît pas toujours de la concurrence maximale
C'est ici qu'apparaît une autre limite du récit traditionnel.
L'innovation ne progresse pas mécaniquement avec l'intensité de la concurrence.
Une entreprise qui ne rencontre aucune concurrence peut perdre l'incitation à innover. Mais une entreprise confrontée à une compétition extrême, à des marges presque inexistantes et à une visibilité financière très faible peut également hésiter à financer des investissements dont les résultats n'apparaîtront que plusieurs années plus tard.
Certaines innovations nécessitent au contraire du capital, du temps, des infrastructures et une capacité à supporter l'échec.
La relation entre concurrence et innovation est donc moins linéaire qu'elle n'y paraît. Les travaux recensés par l'OCDE montrent depuis longtemps que les deux phénomènes interagissent dans les deux sens : la concurrence peut stimuler l'innovation, tandis que l'innovation transforme elle-même la structure de la concurrence.
L'objectif d'une politique économique ne consiste donc pas nécessairement à maximiser la concurrence à chaque instant.
Il consiste plutôt à préserver la contestabilité : empêcher qu'une position acquise aujourd'hui devienne une rente impossible à remettre en cause demain.
Cette distinction devient cruciale dans les secteurs où les coûts fixes sont gigantesques : semi-conducteurs avancés, cloud, intelligence artificielle, spatial, énergie ou infrastructures de télécommunications.
Lorsque les États entrent dans la compétition
À l'échelle internationale, cette évolution est encore plus spectaculaire.
Pendant plusieurs décennies, la concurrence économique entre États était principalement présentée en termes de coûts, de fiscalité, d'infrastructures, de qualification de la main-d'œuvre ou d'attractivité des investissements.
Cette logique demeure. Mais elle a été rejointe par une autre.
Les gouvernements ne cherchent plus seulement à savoir où une usine produira au coût le plus faible. Ils se demandent désormais qui contrôle l'usine, où sont fabriqués ses composants, de quels minerais elle dépend, quel pays maîtrise ses logiciels et si son fonctionnement peut être interrompu en cas de crise internationale.
L'efficacité économique rencontre alors la sécurité nationale.
Les semi-conducteurs en constituent l'exemple le plus visible. Les subventions accordées au secteur ont fortement progressé depuis 2020 dans plusieurs grandes économies. Des dynamiques comparables apparaissent dans les batteries, les minerais critiques, l'intelligence artificielle, les technologies énergétiques, le spatial et certaines infrastructures numériques.
Cette évolution modifie la nature même de la concurrence internationale.
Une entreprise ne se mesure plus uniquement à une autre entreprise. Elle peut être soutenue par les ressources financières, réglementaires et diplomatiques de l'État auquel elle est rattachée.
Les États-Unis, la Chine, l'Union européenne et d'autres puissances utilisent désormais des combinaisons de subventions, crédits fiscaux, contrôles à l'exportation, restrictions d'investissement, commandes publiques et politiques industrielles pour protéger ou développer certaines capacités considérées comme stratégiques.
La frontière entre politique économique et politique de puissance devient plus difficile à tracer.
Quand la concurrence cesse de rechercher le prix le plus bas
Cette transformation produit un changement plus profond encore.
Pendant la phase d'expansion maximale des chaînes de valeur mondiales, une grande partie de l'organisation productive reposait sur une question : où peut-on produire le plus efficacement ?
La succession de la pandémie, des pénuries, des tensions sino-américaines, de la guerre en Ukraine et d'autres crises géopolitiques a ajouté une seconde question : que se passe-t-il si cette production devient inaccessible ?
L'entreprise optimisée pour le coût découvre alors la valeur de la redondance.
Deux fournisseurs peuvent être plus chers qu'un seul. Plusieurs sites industriels peuvent sembler moins efficaces qu'une usine gigantesque. Des stocks stratégiques immobilisent du capital. Une capacité nationale de production peut coûter davantage qu'une importation.
Mais ce qui apparaît comme une inefficacité en période normale peut devenir une assurance en période de crise.
La concurrence ne disparaît donc pas. Son critère change.
Le coût reste important, mais il coexiste désormais avec la résilience, la sécurité d'approvisionnement, la souveraineté technologique et la capacité à fonctionner dans un environnement géopolitique dégradé.
Le retour de l'État ne supprime pas les distorsions
Il serait pourtant trompeur d'en conclure que les politiques industrielles résolvent mécaniquement les vulnérabilités créées par les marchés.
L'intervention publique crée ses propres risques.
Une étude publiée par le FMI en juillet 2026 sur les subventions industrielles et les tensions commerciales dans les secteurs stratégiques montre que les aides peuvent modifier les flux commerciaux et renforcer la spécialisation sectorielle des économies qui les accordent. Mais les auteurs concluent également que la combinaison récente de subventions et de droits de douane peut réduire le bien-être économique mondial en générant des distorsions et des externalités transfrontalières.
L'OCDE observe elle aussi que certaines subventions peuvent accroître les parts de marché des entreprises bénéficiaires sans produire de gains équivalents d'investissement ou de productivité.
La compétition entre États peut ainsi conduire à une situation paradoxale : chaque gouvernement agit rationnellement pour réduire ses propres vulnérabilités, tandis que l'accumulation de ces décisions peut rendre l'économie mondiale collectivement moins efficace.
Ce qui est rationnel à l'échelle nationale ne l'est pas nécessairement à l'échelle du système.
De la concurrence à la géoéconomie
C'est probablement là que se situe la transformation la plus importante.
La concurrence internationale ne concerne plus seulement la capacité à vendre davantage. Elle concerne la capacité à contrôler les dépendances.
Un pays qui possède une ressource difficilement substituable dispose d'un levier. Celui qui contrôle une technologie critique en possède un autre. Une puissance dont la monnaie, les infrastructures financières, les logiciels, les plateformes ou les marchés sont indispensables peut convertir cette centralité économique en influence politique.
La géoéconomie commence précisément lorsque l'interdépendance cesse d'être considérée uniquement comme une source de prospérité et devient également un instrument potentiel de puissance.
Le FMI observe depuis plusieurs années une réorientation partielle des flux commerciaux et d'investissement selon les affinités géopolitiques, même si cette fragmentation reste très inégale selon les secteurs. Les travaux disponibles montrent notamment qu'elle est davantage perceptible dans certaines activités stratégiques — informatique, communications, transports ou services scientifiques et techniques — que dans l'ensemble de l'économie mondiale.
Il ne s'agit donc pas d'une démondialisation générale.
Il s'agit plutôt d'une mondialisation qui commence à distinguer ce qui peut rester soumis à la logique du marché de ce qui est considéré comme trop stratégique pour dépendre entièrement de celui-ci.
Le paradoxe de l'interdépendance
Pourtant, aucune grande puissance ne peut facilement se soustraire à l'économie mondiale qu'elle cherche partiellement à sécuriser.
Les États-Unis, la Chine, l'Europe et les grandes économies émergentes restent reliés par le commerce, les marchés financiers, les minerais, les composants, les brevets, les données, les infrastructures et les investissements.
Les entreprises concurrentes utilisent parfois les mêmes fabricants de semi-conducteurs.
Les États qui cherchent à réduire leurs dépendances ont besoin de partenaires étrangers pour construire les nouvelles chaînes d'approvisionnement censées les protéger.
Les pays qui subventionnent leur autonomie technologique continuent d'importer une partie des équipements nécessaires à sa construction.
C'est là tout le paradoxe de la concurrence contemporaine : les acteurs cherchent simultanément à se dépasser et à préserver les systèmes dont ils dépendent les uns des autres.
L'interdépendance n'a donc pas disparu.
Elle est devenue stratégique.
Organiser la rivalité
La question essentielle n'est finalement pas de savoir si la concurrence est bonne ou mauvaise.
Elle est de déterminer dans quelles conditions elle produit du progrès plutôt que de la prédation, de l'innovation plutôt que de la rente, de la résilience plutôt que de la fragmentation.
Pour les individus, cela suppose que l'accès à la formation et aux outils technologiques permette l'adaptation plutôt que la simple mise en concurrence.
Pour les entreprises, cela suppose que le succès puisse être récompensé sans transformer systématiquement l'avantage acquis en barrière infranchissable.
Pour les États, cela implique de distinguer les dépendances réellement stratégiques de celles qui servent simplement à justifier le protectionnisme.
La concurrence n'est donc pas l'opposé de la coopération. Elle a besoin d'elle.
Les marchés ont besoin de règles communes. Les entreprises concurrentes ont besoin de normes, d'infrastructures et parfois de chaînes de production partagées. Les États rivaux ont besoin de mécanismes permettant d'éviter que chaque dépendance économique devienne une vulnérabilité à exploiter.
Pendant longtemps, la mondialisation a cherché à organiser l'interdépendance autour de l'efficacité.
Le monde qui apparaît cherche davantage à l'organiser autour de la sécurité.
La concurrence restera probablement l'un des moteurs les plus puissants de l'innovation humaine. Mais dans une économie où un algorithme peut modifier un métier, où une plateforme peut devenir une infrastructure et où une chaîne d'approvisionnement peut devenir un instrument géopolitique, la véritable question n'est plus seulement de savoir qui gagne la compétition.
Elle est de savoir quelles règles permettent encore à la compétition de produire du progrès sans transformer chaque avantage en position de domination et chaque dépendance en rapport de force.
Sources principales
- Organisation internationale du Travail (OIT) — Generative AI and Jobs: A 2025 Update, mai 2025. L’étude estime qu’un travailleur sur quatre dans le monde exerce un métier présentant un certain degré d’exposition à l’IA générative, tout en concluant que la transformation des emplois est plus probable que leur remplacement intégral.
- OIT — Generative AI and Jobs: A 2025 Update
- OCDE — Competition and Innovation: A Theoretical Perspective, mai 2023. Analyse de la relation non linéaire entre concurrence et innovation : la concurrence peut stimuler l’innovation, mais l’innovation transforme également la structure des marchés et les conditions de concurrence.
- OCDE — Competition and Innovation: A Theoretical Perspective
- Commission européenne — Digital Markets Act. Cadre européen destiné à encadrer les grandes plateformes numériques jouant un rôle de « gatekeeper » et à préserver la contestabilité des marchés numériques.
- Commission européenne — Digital Markets Act
- Commission européenne — Commission reaches preliminary position that Amazon's and Microsoft's market leading cloud services should be designated under the DMA, 25 juin 2026. La Commission cite notamment les effets de verrouillage, les coûts élevés de changement de fournisseur et le rôle croissant des outils et partenariats d’IA dans le cloud.
- Commission européenne — AWS, Azure et le Digital Markets Act
- OCDE — Recent Trends in Semiconductor Subsidies, avril 2025. L’OCDE constate une augmentation considérable des subventions rapportées au chiffre d’affaires des producteurs de semi-conducteurs depuis 2020 et souligne les risques de distorsion des conditions de concurrence mondiale.
- OCDE — Recent Trends in Semiconductor Subsidies
- Fonds monétaire international (FMI) — Lorenzo Rotunno, Michele Ruta et Priyam Verma, Industrial Policy and Trade Tensions in Strategic Sectors, juillet 2026. L'étude analyse les effets des subventions industrielles sur les échanges et conclut que leur combinaison récente avec les droits de douane génère des distorsions et des externalités transfrontalières négatives susceptibles de réduire le bien-être économique mondial.
- FMI — Industrial Policy and Trade Tensions in Strategic Sectors
- Fonds monétaire international (FMI) — Joanne Tan, How Widespread is FDI Fragmentation?, août 2024. Le travail montre que la fragmentation géoéconomique des investissements directs étrangers reste ciblée plutôt que généralisée et se concentre notamment dans plusieurs secteurs considérés comme stratégiques.
Bureau de recherche Atlas Limits
Bureau éditorial et analytique d’Atlas Limits.


