À quelques heures d'un vote décisif sur l'avenir de la MINURSO, les États-Unis et la Russie défendent deux projets de résolution concurrents. Le premier cherche à faire évoluer la mission des Nations unies dans le prolongement du tournant diplomatique favorable à l'autonomie marocaine. Le second privilégie la reconduction du dispositif existant. Derrière une différence apparemment institutionnelle se joue une question autrement plus importante : le Conseil de sécurité est-il prêt à transformer le cadre international du conflit saharien avant même la conclusion d'un accord politique ?

À New York, le dossier du Sahara vient de franchir une étape qui dépasse les négociations habituelles sur le renouvellement d'une mission des Nations unies. Pour la première fois dans la séquence diplomatique d'octobre 2026, deux projets concurrents sont annoncés devant le Conseil de sécurité : l'un porté par les États-Unis, l'autre présenté par la Russie.

Les deux textes envisagent une prolongation de la présence onusienne jusqu'au 31 octobre 2027. Mais ils ne donnent pas nécessairement la même signification à cette continuité.

Washington propose de modifier le nom de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental, la MINURSO, en supprimant la référence au référendum. Moscou défend une reconduction plus classique du mandat actuel.

Le changement pourrait sembler limité à une question de dénomination. Il touche pourtant à l'identité même d'une opération créée en 1991 pour accompagner un règlement qui n'a jamais abouti.

Depuis trente-cinq ans, la MINURSO incarne une contradiction persistante : elle conserve dans son nom la promesse d'un référendum qui n'a jamais été organisé, alors que son activité réelle repose essentiellement sur la surveillance militaire, la prévention des incidents et le maintien d'une présence internationale dans une région où le conflit n'est pas définitivement réglé.

Les États-Unis cherchent désormais à traduire dans l'organisation de la mission l'évolution du cadre politique engagée par la résolution 2797 d'octobre 2025.

La Russie, en proposant un texte concurrent, indique qu'elle n'entend pas nécessairement accompagner cette transformation selon le calendrier et les modalités souhaités par Washington.

Au moment de cette rédaction, les deux projets n'ont pas encore fait l'objet d'un vote officiellement confirmé. Leur confrontation constitue néanmoins un développement diplomatique substantiel.

Elle révèle que la question du Sahara ne se limite plus aux divergences entre le Maroc et le Front Polisario. Elle devient également un débat entre grandes puissances sur la manière dont les Nations unies doivent adapter leurs instruments à une évolution du rapport de force politique.

Le référendum qui a survécu dans le nom d'une mission

La MINURSO a été créée en avril 1991, dans le cadre du plan de règlement accepté par le Maroc et le Front Polisario.

L'objectif était alors d'accompagner un cessez-le-feu et d'organiser un référendum permettant de déterminer l'avenir du territoire.

Le cessez-le-feu est entré en vigueur en septembre 1991. Le référendum, lui, n'a jamais eu lieu.

Les désaccords sur l'identification des électeurs, les critères de participation et les conditions politiques de la consultation ont progressivement paralysé le processus. Les initiatives de médiation successives n'ont pas permis de résoudre les divergences fondamentales.

La mission est pourtant demeurée sur le terrain.

Son existence a progressivement pris une signification différente de celle qui avait présidé à sa création. Elle a continué d'assurer une présence internationale, de surveiller les activités militaires et de contribuer à limiter les risques d'escalade.

Depuis novembre 2020, après la rupture du cessez-le-feu à la suite de la crise de Guerguerat, cette fonction sécuritaire est devenue plus importante encore.

La MINURSO ne garantit pas la paix. Elle contribue à observer et à contenir certains risques dans un environnement où les hostilités ont repris et où les positions des parties restent profondément opposées.

C'est pourquoi la question de son avenir ne peut être réduite à une simple modification administrative.

Retirer le mot « référendum » du nom de la mission reviendrait à reconnaître institutionnellement l'écart qui s'est creusé entre son mandat historique et les orientations politiques désormais privilégiées par une partie du Conseil de sécurité.

Mais cela ne suffirait pas, à lui seul, à régler la question de l'autodétermination ni à modifier le statut juridique international du territoire.

Le nom d'une mission peut évoluer par décision du Conseil. Le conflit qu'elle surveille ne disparaît pas pour autant.

Le tournant engagé en octobre 2025

La confrontation diplomatique actuelle trouve son origine immédiate dans la résolution 2797, adoptée le 31 octobre 2025.

Ce texte avait prolongé le mandat de la MINURSO d'une année, tout en accordant une place centrale à la proposition marocaine d'autonomie dans le processus politique.

Depuis 2007, le Maroc défend une solution reposant sur l'exercice de l'autonomie dans le cadre de sa souveraineté. La proposition prévoit des institutions régionales disposant de compétences propres, tandis que certaines prérogatives fondamentales resteraient exercées par l'État central.

La résolution 2797 a donné une impulsion nouvelle à cette orientation.

Elle a demandé que les négociations se déroulent sur la base de la proposition marocaine, tout en maintenant l'objectif d'une solution politique mutuellement acceptable permettant l'autodétermination.

Cette évolution a été largement favorable à Rabat.

Elle s'inscrivait dans un mouvement diplomatique plus ancien, marqué notamment par la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine en décembre 2020, le soutien espagnol au plan d'autonomie en 2022, la position française affirmée en 2024 et le renforcement du soutien britannique à une solution fondée sur l'autonomie en 2025.

Ces positions ne sont pas juridiquement identiques. Elles témoignent néanmoins d'une convergence diplomatique croissante autour de l'initiative marocaine.

La résolution 2797 n'avait cependant pas reconnu formellement la souveraineté marocaine sur le territoire au nom des Nations unies. Elle n'avait pas non plus constitué un accord entre le Maroc et le Polisario.

Elle avait modifié le point de départ politique des négociations, sans résoudre leur résultat.

La question posée en octobre 2026 est donc celle de la prochaine étape.

Le Conseil doit-il se contenter de prolonger la mission existante ou commencer à adapter son architecture à une perspective de règlement désormais plus étroitement associée à l'autonomie ?

C'est sur ce point que les approches américaine et russe divergent.

Washington veut inscrire le changement dans les institutions

Les États-Unis ont consacré le mois d'octobre à la préparation d'un projet de résolution dont les versions successives ont fait apparaître une ambition institutionnelle importante.

Le premier texte, daté du 20 octobre selon les documents reproduits par plusieurs médias, envisageait une transformation rapide de la MINURSO, avec une réduction substantielle de ses effectifs et le remplacement ultérieur de sa composante de maintien de la paix par une mission politique spéciale.

Cette approche associait étroitement la transformation de la présence onusienne à une orientation politique privilégiant l'autonomie sous souveraineté marocaine.

Mais les consultations ont conduit Washington à modifier son projet.

Les versions ultérieures ont atténué plusieurs dispositions, notamment les échéances imposant une réduction rapide des effectifs et la transformation automatique du dispositif de maintien de la paix.

L'idée d'une prolongation d'un an a été conservée.

Le changement de nom, en revanche, demeure au cœur du projet américain présenté dans la dernière séquence de négociation.

Selon Security Council Report, le texte que Washington souhaite soumettre au vote prévoit de rebaptiser la MINURSO « Mission des Nations unies au Sahara occidental », ou MINUSO.

La suppression du mot « référendum » n'est pas une reconnaissance juridique de souveraineté. Elle pourrait néanmoins avoir une portée politique considérable.

Elle indiquerait que le Conseil accepte de dissocier explicitement l'identité de sa mission du mécanisme référendaire qui avait justifié sa création.

Pour le Maroc, une telle évolution prolongerait la dynamique diplomatique favorable à son plan d'autonomie.

Elle contribuerait à rapprocher la structure institutionnelle de l'ONU du cadre politique que Rabat défend depuis près de vingt ans.

Mais l'importance du changement dépendrait du texte effectivement adopté.

Une nouvelle dénomination ne modifierait pas nécessairement toutes les responsabilités opérationnelles de la mission. Seules les dispositions précises de la résolution permettraient de déterminer l'étendue réelle d'une éventuelle transformation.

La distinction est essentielle : une réorientation symbolique peut précéder une réorganisation institutionnelle, sans se confondre avec elle.

Pourquoi Moscou présente un texte concurrent

L'annonce d'un projet russe constitue la principale nouveauté de cette dernière journée de négociations.

Selon Security Council Report, la Russie a présenté le 30 octobre un texte proposant une prolongation classique du mandat de la MINURSO jusqu'au 31 octobre 2027.

Cette initiative intervient après des réserves exprimées, notamment par Moscou et Pékin, concernant l'orientation du projet américain.

La position russe ne signifie pas nécessairement une opposition à toute évolution du processus politique.

Elle traduit plus précisément une réticence à voir le Conseil transformer rapidement le cadre institutionnel de la mission sur la base d'une solution qui n'a pas encore fait l'objet d'un accord entre les parties.

Moscou peut également considérer que les formulations retenues dans le texte américain réduisent excessivement les possibilités de négociation ou déséquilibrent le rôle du Conseil dans le règlement du différend.

Il convient toutefois de distinguer cette lecture stratégique des motivations officiellement exprimées par la Russie. Le contenu complet des échanges diplomatiques n'est pas public, et les intentions de Moscou ne peuvent être déduites du seul dépôt d'un contre-projet.

La portée de l'initiative reste néanmoins claire.

En présentant un texte alternatif, la Russie cherche à offrir au Conseil une autre option que la transformation proposée par Washington.

Le choix ne porte plus uniquement sur des amendements techniques à un projet unique.

Il concerne désormais deux approches institutionnelles distinctes : faire évoluer la mission dans le prolongement du nouveau cadre politique, ou préserver sa configuration actuelle en attendant davantage de progrès dans les négociations.

Cette divergence s'inscrit dans un contexte international plus large.

La Russie et la Chine se montrent régulièrement prudentes face aux initiatives diplomatiques américaines qui tendent à modifier les équilibres institutionnels de dossiers sensibles.

Le Sahara ne constitue pas nécessairement une priorité stratégique comparable à d'autres crises internationales pour ces deux puissances. Il offre cependant un terrain sur lequel s'expriment des conceptions différentes du rôle du Conseil de sécurité, de la souveraineté, de l'autodétermination et du règlement négocié des conflits.

Le dépôt d'un texte concurrent révèle ainsi que le compromis obtenu en 2025 n'a pas supprimé les divergences entre membres permanents.

Il les a déplacées vers la question de la mise en œuvre.

Deux projets, mais une même échéance

Un élément mérite d'être souligné : les deux projets rapportés prévoient une prolongation de la mission jusqu'au 31 octobre 2027.

Il ne s'agit donc pas d'un affrontement entre les partisans d'une disparition immédiate de la présence onusienne et ceux de son maintien.

Les États-Unis comme la Russie envisagent la poursuite de cette présence.

Le désaccord porte davantage sur son identité institutionnelle, son orientation politique et les conditions de son évolution future.

Cette convergence partielle est importante.

Elle suggère que, malgré leurs divergences, les grandes puissances reconnaissent encore l'utilité d'une présence internationale au Sahara.

Depuis la reprise des hostilités en 2020, le risque sécuritaire ne peut être ignoré.

La MINURSO demeure l'un des rares dispositifs internationaux disposant d'une présence opérationnelle permanente dans la zone.

Une transformation trop rapide, sans garanties suffisantes, pourrait affaiblir les mécanismes de surveillance et de prévention.

Inversement, reconduire indéfiniment une mission sans adapter son mandat à l'évolution du processus politique pourrait prolonger une contradiction institutionnelle devenue difficile à justifier.

Les deux projets répondent donc à une même difficulté, mais selon des temporalités différentes.

Washington cherche à accélérer l'adaptation.

Moscou privilégie la continuité.

La question est de savoir quelle approche réunira une majorité au Conseil, et à quel prix diplomatique.

Le Maroc au centre d'un nouveau rapport de force

Pour Rabat, cette confrontation intervient dans un contexte particulièrement favorable.

Le Maroc administre la majeure partie du Sahara, où il a renforcé les infrastructures, les investissements et les connexions économiques avec le reste du Royaume.

Sur le plan diplomatique, son initiative d'autonomie a progressivement gagné le soutien de plusieurs partenaires occidentaux.

La résolution 2797 a consacré cette progression en donnant à la proposition marocaine une place centrale dans les négociations.

Le projet américain d'octobre 2026 cherche à prolonger cette dynamique.

Le changement de nom de la MINURSO pourrait apparaître comme une étape supplémentaire dans l'éloignement du dispositif référendaire initial.

Mais il serait excessif de présenter le vote attendu comme une décision définitive sur la souveraineté.

Même si le texte américain était adopté, il faudrait examiner précisément les dispositions concernant l'autodétermination, les négociations politiques, les compétences de la mission et les obligations imposées aux parties.

Une résolution favorable à l'autonomie ne constitue pas automatiquement un accord politique.

De même, une modification de la mission ne règle pas par elle-même les questions institutionnelles, juridiques et humaines liées à un éventuel statut autonome.

Le Maroc dispose aujourd'hui d'un avantage diplomatique substantiel.

La difficulté consiste désormais à convertir cet avantage en un règlement suffisamment précis, applicable et durable.

C'est une étape plus exigeante que l'obtention d'un soutien politique.

Elle suppose de définir les compétences d'éventuelles institutions autonomes, les garanties constitutionnelles, les mécanismes de représentation et les conditions de participation des populations concernées.

Elle suppose également de déterminer les arrangements sécuritaires permettant d'accompagner une transition éventuelle.

L'évolution diplomatique favorable à Rabat ne supprime pas ces questions.

Elle les rend plus urgentes.

Le Polisario et l'Algérie face à la nouvelle équation

Le Front Polisario continue de défendre un règlement fondé sur l'autodétermination, avec la possibilité de l'indépendance.

Il considère qu'une solution exclusivement limitée à l'autonomie sous souveraineté marocaine prédéterminerait le résultat des négociations.

L'Algérie soutient cette position et demeure un acteur essentiel du processus, notamment en raison de son soutien politique au Polisario et de l'accueil des réfugiés sahraouis dans les camps de Tindouf.

Les discussions tenues en 2026 avec la participation du Maroc, du Polisario, de l'Algérie et de la Mauritanie ont montré que les canaux diplomatiques pouvaient être réactivés.

Mais aucune convergence décisive n'a été officiellement annoncée.

Le nouveau cadre privilégiant l'autonomie place donc le Polisario devant une difficulté stratégique.

Refuser toute négociation fondée sur cette proposition pourrait accroître son isolement diplomatique.

Accepter de négocier dans un cadre perçu comme excluant l'indépendance pourrait, à l'inverse, être considéré comme une concession majeure sur sa revendication fondamentale.

L'Algérie fait face à une équation comparable.

Elle doit défendre sa position sur l'autodétermination tout en tenant compte d'une évolution du langage du Conseil de sécurité qui accorde davantage de place au plan marocain.

Le projet russe peut offrir une expression diplomatique à certaines réserves sur cette évolution.

Mais il ne signifie pas nécessairement que Moscou reprend à son compte l'ensemble des positions algériennes ou du Polisario.

La distinction entre opposition à un texte américain et soutien à une solution politique particulière doit être maintenue.

Le vote américain, puis l'alternative russe

Selon les informations publiées le 30 octobre par Security Council Report, le Conseil devrait examiner en premier lieu le projet américain, puis le projet russe selon les procédures applicables et le déroulement effectif de la séance.

Cette séquence pourrait être déterminante.

L'adoption du texte américain rendrait normalement inutile l'examen d'une résolution concurrente poursuivant le même objectif de renouvellement.

À l'inverse, son rejet ou l'impossibilité de l'adopter pourrait ouvrir la voie à une solution alternative.

Les conditions de vote sont celles prévues par la Charte des Nations unies.

Pour adopter une résolution de fond, le Conseil doit réunir au moins neuf voix favorables parmi ses quinze membres, sans vote négatif d'un membre permanent.

Les abstentions de membres permanents n'empêchent pas, à elles seules, l'adoption.

Cette règle donne aux cinq membres permanents — États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni — une influence particulière sur le résultat.

Le précédent de 2025 montre qu'un texte peut être adopté malgré des abstentions importantes.

Mais la présentation d'un contre-projet russe modifie le contexte politique.

Elle introduit une alternative explicite, susceptible de peser sur les positions des autres membres et sur les derniers arbitrages diplomatiques.

Il serait toutefois prématuré de prévoir le résultat du scrutin à partir de cette seule initiative.

Le dépôt d'un texte concurrent ne signifie pas automatiquement qu'un veto sera exercé.

Il ne garantit pas davantage que l'alternative russe recueillera les voix nécessaires.

Le seul résultat déterminant sera celui officiellement enregistré par le Conseil.

Ce que le vote ne réglera pas

Quelle que soit l'issue de la séance, plusieurs questions fondamentales demeureront.

Le Sahara occidental reste inscrit sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies.

Le Maroc administre la majeure partie du territoire, mais le différend politique n'a pas été réglé par un accord entre les parties.

Le Polisario continue de revendiquer l'indépendance.

L'Algérie demeure engagée dans le dossier.

Les hostilités reprises depuis 2020 n'ont pas fait place à un nouvel accord de cessez-le-feu globalement accepté.

La question des réfugiés, de leur enregistrement, de leur représentation et de leur avenir reste ouverte.

Le contenu institutionnel d'une éventuelle autonomie devra être précisé.

Et l'articulation entre souveraineté, autonomie et autodétermination continuera de nécessiter une solution politique.

Une nouvelle résolution pourrait modifier profondément le cadre diplomatique.

Elle ne ferait pas disparaître ces difficultés par sa seule adoption.

C'est pourquoi l'importance du vote doit être appréciée sans confusion entre trois niveaux : la préférence politique du Conseil, les décisions institutionnelles concernant la mission et le règlement définitif du conflit.

Ces niveaux sont liés.

Ils ne sont pas identiques.

Une confrontation révélatrice du nouvel état du dossier

Pendant des décennies, les discussions sur la MINURSO ont surtout porté sur la prolongation d'un mandat et sur la gestion d'un processus politique bloqué.

La situation a changé.

Le plan marocain d'autonomie occupe désormais une position centrale dans les négociations encouragées par le Conseil de sécurité.

Les États-Unis cherchent à traduire cette orientation dans la structure même de la présence onusienne.

La Russie propose de préserver le cadre existant.

Les deux puissances ne contestent pas nécessairement la nécessité d'une présence internationale. Elles divergent sur la vitesse et la signification de son adaptation.

Cette confrontation illustre une transformation plus profonde du dossier.

La question saharienne n'est plus uniquement celle d'un règlement longtemps différé.

Elle devient aussi celle des institutions internationales appelées à accompagner une solution dont les contours politiques se précisent, mais dont les modalités et l'acceptation restent incertaines.

Pour le Maroc, le moment représente une occasion diplomatique importante.

Pour le Polisario et l'Algérie, il constitue une épreuve de repositionnement stratégique.

Pour les Nations unies, il pose une difficulté institutionnelle majeure : comment adapter une mission héritée d'un processus inabouti sans compromettre les fonctions de stabilisation qu'elle continue d'assurer ?

À New York, les représentants des quinze membres du Conseil doivent maintenant se prononcer.

Le résultat dira si la dynamique engagée en 2025 peut être prolongée par une transformation institutionnelle ou si les divergences entre grandes puissances imposent une évolution plus prudente.

Il ne déterminera pas, à lui seul, le statut définitif du Sahara.

Mais il pourrait décider de la manière dont les Nations unies envisagent désormais leur rôle dans ce conflit.

Pendant trente-cinq ans, la MINURSO a porté dans son nom la promesse d'un référendum jamais organisé. Ce soir, le Conseil de sécurité doit décider si cette référence appartient encore à l'avenir de la mission — ou si elle devient, institutionnellement, une page de son histoire.